Réforme des retraites : Semaine de la dernière chance avant un blocage pour les fêtes ?

DIALOGUE SOCIAL La SNCF doit informer individuellement demain ses usagers sur le maintien ou l'annulation de leur train pour le premier week-end des vacances

20 Minutes avec AFP

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A 8h30, en ce 16 décembre 2019, nouveau jour de grève dans les transports, la gare de l'Est (Paris) est vide.
A 8h30, en ce 16 décembre 2019, nouveau jour de grève dans les transports, la gare de l'Est (Paris) est vide. — AFP

Y aura-t-il des trains à Noël ? C’est la question que tout le monde se pose. Dimanche, gouvernement et syndicats sont renvoyés la responsabilité d’une éventuelle paralysie du pays pendant les fêtes. Et alors qu’une semaine à très haut risque s’ouvre pour le gouvernement, le compromis sur la réforme des retraites qui permettrait de sortir du blocage des transports n’est pas à l’ordre du jour.

« Si le gouvernement retire son projet et discute sérieusement sur comment améliorer le système (…), tout se passera bien. Sinon, les grévistes décideront de ce qu’ils ont à faire jeudi ou vendredi », a déclaré le numéro 1 de la CGT Philippe Martinez sur BFMTV à cinq jours du début des vacances scolaires. Réponse sur le même plateau du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin : « la République ne peut pas subir de changement ».

La SNCF a promis d'« essayer d’accomplir des miracles »

A noter que la SNCF prépare un « plan bis » en cas de prolongement de la grève. L’entreprise ferroviaire doit informer individuellement demain les utilisateurs sur le maintien ou l’annulation de leur train pour le premier week-end des vacances. La directrice générale de Voyages SNCF Rachel Picard a promis d '« essayer d’accomplir des miracles » pour proposer d’autres horaires de départ en cas d’annulation. Mais la moitié des voyageurs restaient néanmoins sur le carreau.

En attendant, le trafic SNCF du jour est conforme aux prévisions, avec un tiers des TGV, un quart des transiliens et quatre TER sur dix en moyenne. La SNCF a rencontré d’ores et déjà en garde les utilisateurs sur la journée de mardi, où le trafic sera encore réduit en raison d’un appel intersyndical.

Des opérations escargots et des blocages de routiers

En Ile-de-France, une nouvelle journée noire se dessine lundi dans les transports. Les très fréquents RER A (1 sur 2) et B (1 sur 3) continuent de connaître de fortes perturbations. Huit lignes de métro sont encore totalement fermées, six très perturbées et, comme depuis le début de la grève, seules les deux lignes automatisées – la 1 et la 14 – circulent normalement. Plusieurs dépôts de bus sont bloqués, affectant le service (40 % au lieu de 50 % prévus). Sur les routes d’Ile-de-France, peu avant 8 heures, le cumul de bouchons a dépassé les 560 kilomètres, en nette hausse par rapport à la semaine dernière, selon le site d’information routière Sytadin.

La région parisienne n’est pas la seule touchée, puisque en Provence-Alpes-Côte d’Azur seuls trois TER sur dix circulaient. Et des chauffeurs routiers bloquent les accès à une grande plateforme logistique, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille. Ceci sans oublier que des opérations escargots et des blocages de routiers sont également prévus, à l’appel de quatre syndicats du transport et de la logistique.

Journée noire mardi

Enfin, la journée de mardi devrait être décisive, l’ensemble des syndicats appelants désormais à la grève et la manifestation, y compris les organisations réformistes, comme la CFDT, la CFTC, l’Unsa ou les étudiants de la Fage. Ces organisations sont furieuses que le Premier ministre a maintenu une mesure d’âge d’équilibre dans son projet de transformation des 42 régimes de retraite existants dans un système universel par points.

Outre les cheminots, les enseignants, les fonctionnaires, les avocats et magistrats, les internes, les médecins et les soignants seront mobilisés parfois dans des cortèges séparés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l’hôpital. La sortie de crise s’annonce donc difficile, alors que le négociateur en chef, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye reste fragilisé après la révélation de 13 mandats non déclarés.