Rennes : Un chez-soi comme premier pas vers l’autonomie pour six jeunes handicapés

HANDICAP Un projet d’habitat regroupé vient de voir le jour dans le quartier de Villejean

Jérôme Gicquel

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Emilie et Maxime ont emménagé chacun dans leur appartement il y a quelques jours à Rennes.
Emilie et Maxime ont emménagé chacun dans leur appartement il y a quelques jours à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, un projet d’habitat regroupé pour six personnes handicapées vient de voir le jour dans le quartier de Villejean.
  • Les six locataires disposent chacun de leur appartement avec une grande pièce de vie commune.
  • Le projet vise à les faire gagner en autonomie et offre une alternative au domicile familial ou au foyer spécialisé.

Un appartement pour une nouvelle vie. Depuis quelques jours, six jeunes adultes présentant une déficience intellectuelle ou psychique ont emménagé dans leur chez-soi, formant une grande et joyeuse colocation dans un immeuble flambant neuf près de la dalle Kennedy, au nord-ouest de Rennes. Cette remise des clés est venue concrétiser ce projet d’habitat regroupé vieux de près de neuf ans, porté par les familles avec le soutien de l’association Agir.

Il vise à offrir à ces six nouveaux locataires « une alternative au domicile familial ou au foyer spécialisé », souligne Isabelle Clément, chargée des personnes en situation de handicap à Archipel Habitat, le bailleur social qui a permis ce projet. L’accès à un premier logement doit leur permettre de gagner en autonomie, un long processus qui s’apprend pas à pas. « Il faut qu’ils apprennent à faire sans leurs parents qui ne sont plus là pour les lever le matin ou leur faire à manger », souligne Morgane Rouillée.

Un espace commun et des tâches partagées

Coordinatrice du projet, cette éducatrice spécialisée est présente plusieurs heures par semaine pour garantir le bon fonctionnement des lieux. Car à Ty Mozaïk, le partage est une valeur primordiale. C’est valable pour les tâches quotidiennes, comme les courses ou les repas, mais aussi pour les activités de loisirs. « C’est très important qu’ils créent du lien entre eux et s’entraident », indique Morgane Rouillée.

Mais en dehors des moments collectifs, chacun est libre de son emploi du temps. Certains ont d’ailleurs un emploi comme Emilie, 36 ans, qui travaille dans la restauration scolaire en périphérie de Rennes. D’autres comme Maxime, 32 ans, le seul homme de la colocation, sont accueillis dans des structures de jour pour suivre diverses activités.

Mais en fin de journée, tout ce beau monde prend plaisir à retrouver ses colocs pour débriefer sa journée dans la pièce de vie commune, puis dans l’appartement des uns et des autres. Comme une petite famille en somme mais sans les parents pour leur dire quand se coucher. « On essaie quand même de fixer des horaires même si ce n’est pas toujours respecté », sourit Morgane Rouillée.