Le CRIF dénonce les « propos inadmisssibles » de Mélenchon à son endroit

ELECTIONS BRITANNIQUES Jean-Luc Mélenchon s’en était pris au CRIF en commentant la défaite de Jeremy Corbyn

J.-L.D. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon épinglé pour ses propos sur le CRIF
Jean-Luc Mélenchon épinglé pour ses propos sur le CRIF — FREDERIC MUNSCH/SIPA

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a dénoncé les « propos inadmissibles » du patron de LFI Jean-Luc Mélenchon, qui avait critiqué ses « oukazes » et son « communautarisme » en commentant le résultat des élections britanniques.

Ces déclarations « relèvent d’un amalgame aussi choquant que surprenant : quel lien existe-t-il entre le Crif et les élections britanniques ? », note le président du CRIF, Francis Kalifat, dans un communiqué publié samedi soir sur Twitter, en estimant que Jean-Luc Mélenchon « tombe dans une dérive complotiste qui en dit long sur l’évolution de sa pensée ».

« Une rhétorique vichyste du complot juif »

« Les propos inadmissibles d’un Mélenchon à la dérive, avide de visibilité médiatique, sont inspirés d’une rhétorique vichyste du complot juif », ajoute-t-il. Jean-Luc Mélenchon avait évoqué le CRIF dans un post de blog commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn, accusé pendant la campagne de manque de fermeté face à l’antisémitisme au sein de sa formation du Labour.

« Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les oukazes arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non », a écrit Jean-Luc Mélenchon. Il y regrette que Jeremy Corbyn, qui a selon lui « passé son temps à se faire insulter et tirer dans le dos » y compris dans son propre camp, ait « composé au lieu de riposter ».

L’influence des lobbys pointée par Jean-Luc Mélenchon

« Il a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires », a expliqué Jean-Luc Mélenchon,

Le chef de file de la France insoumise (LFI) voulait par ces mots dire qu’il ne se laisserait « pas influencer par des lobbys quels qu’ils soient, financiers ou communautaristes », a ensuite précisé son entourage.

Vif échange avec Christophe Castaner

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a critiqué samedi sur Twitter des propos « choquants et inappropriés à notre débat républicain ». « La haine et le complotisme se nourrissent de sous-entendus douteux et de préjugés nauséabonds. La République est toujours plus forte quand elle est rassemblée », a-t-il ajouté.

« Castaner l’éborgneur bave de vieilles ficelles de politiciens en déroute : l’insinuation pour mendier des soutiens communautaires. Qui sème la haine sinon la violence qu’il organise ? », a répliqué samedi Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.