A quoi va ressembler le Noël de Greta Thunberg ?

NOEL POUR LES NULS (4/15) « 20 Minutes » vous narre un magnifique conte écologique de Noël

Jean-Loup Delmas

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Le fabuleux Noël de Greta Thunberg
Le fabuleux Noël de Greta Thunberg — SIPA
  • La rédaction de « 20 Minutes » vous accompagne pendant les fêtes de fin d’année. Grandes questions, petites interrogations, vrais tracas ? On vous répond.
  • Aujourd’hui, on débarque au royaume de la Suède, de la poésie et de la nature, avec le fabuleux conte écologique du Noël de Greta Thunberg.
  • Asseyez-vous au bord de la cheminée et laissez-nous vous conter cette merveilleuse histoire (disponible aussi en podcast).

Notre conte débute dans un village suédois, où Noël se prépare dans une ambiance pleine d’émoi. Alors que cette fête est celle de la surconsommation et des plaisirs jetables, comment réaliser un Noël un peu plus écoresponsable ? C’est là que l’héroïne de cette histoire intervient, on vous la présente même si vous la connaissez déjà bien. Notre Suédoise aux tresses légendaires, parcourt le monde pour alerter les dirigeants sur l’état de santé de la Terre. En bateau, en train, rien ne l’arrête, malgré les remarques des boomers obsolètes. Greta Thunberg – oui vous l’avez reconnue –, sera la protagoniste de ce conte un peu tordu. Désolé Mickey, Scrooge ou le père Noël, mais les projecteurs seront cette fois braqués sur elle.

Comme tous les adolescents, Greta voulait fêter Noël, y a pas de raison. Mais comment réussir cette prouesse en étant écologiquement dans le bon ton ? Mission épineuse s’il en est, même si rien ne résiste à la personnalité de l’année. Surtout qu’elle n’est pas seule à vouloir concilier écologie et festivités, et prouver qu’on peut s’amuser tout en s’assurant que la planète ne soit pas bousillée.

Moins de cadeaux, mais des plus beaux

Avant toute chose et pour commencer, c’est sur la mentalité qu’il faut travailler. « Noël est une fête où on surconsomme sans raison, il est bon d’y mettre plus de modération », appuie à ce sujet Maël Coutand de la Maison Zéro Déchet. Il l’affirme : un Noël plus raisonnable peut aussi être source de gaieté. Evidemment, Greta Thunberg n'invitera que ses proches au sens kilométrique : hors de question de prendre l’avion ou d’user trop d’essence pour un simple repas gastronomique. Le train mais surtout les courtes distances seront préférés, car la pollution à Noël cela se joue aussi lors du trajet.

Prenons également le cas des cadeaux. Pourquoi en faire à tous au lieu de se concentrer sur une personne pour en faire un très beau ? « Si toute la famille décide que chacun n’offre qu’à une personne plutôt que plusieurs, le cadeau est plus personnalisé et a plus de valeur », estime le directeur de la Maison Zéro déchet. C’est ainsi que notre héroïne va procéder. Au-delà du nombre de cadeaux achetés, il faut aussi le choisir avec sériosité. Greta qui veut bien faire prendra un cadeau qui dure dans le temps, pas une babiole inutile qui sera revendue sur Amazon avant même le Nouvel An.

Rien ne sert de trop remplir les assiettes, si au dessert tout le monde est à la diète

Voila pour la partie « plaisir d’offrir ». N’y voyez aucun sexisme provoquant votre ire, mais Greta Thunberg se charge aussi de préparer la maison, passons donc à l’organisation. Vint l’épineux choix du sapin mythique, issu des forêts ou fait en plastique ? « Le sapin naturel l’emportera toujours », tranche Maël Coutand sans que l’ombre d’un doute ne le parcoure. Il propose une troisième voie, encore plus saine pour nos bois : faire son propre sapin de la manière qu’il vous plaira. Nul doute que c’est ce à quoi s’est attelée Greta.

Pour le repas, même combat. Il faut penser raisonnable, au lieu de vouloir trop remplir les panses et la table. « Pas besoin de surconsommer, c’est inutile et personne ne profite vraiment. Faire des rations normales et moins de plats différents », conseille Elodie Martinity Cousty de France Nature Environnement, en pointant les restes que l’on jette bêtement. Nul besoin de faire cinq entrées, trois plats et quatre desserts que personne ne pourra finir, autant faire plus modeste pour ne pas gâcher le repas et le plaisir.

Exit le saumon, vive les produits de saison

Greta Thunberg devra choisir ses aliments avec attention, quitte à outrepasser les traditions. Par exemple, exit le sacro-saint saumon, mais pas de quoi se plonger dans la désolation. « C’est la troisième protéine aquatique la plus consommée tout au long de l’année, ce n’est plus un produit d’exception de Noël et sa veillée », tranche la conseillère Réseaux Océan et Littoraux, qui oriente plutôt vers les poissons de saisons et venant de nos eaux : « Je vous assure, un maquereau c’est aussi bon que le saumon, et ça permet de découvrir d’autres saveurs de poisson. » Toujours chez nos amis sous la mer au regard vitreux, elle rajoute d’éviter de manger leurs œufs : « Les océans se vident déjà de leurs poissons en grande quantité, laissons les au moins vivre un peu avant de les manger ».

Pour le reste du repas, ce sont des leçons plus élémentaires. « De la volaille et des légumes d’hiver, achetés sur des marchés de proximité », se permet-elle de préciser. Mais nul doute que Greta avait déjà prévu de consommer local, afin de préserver le monde et ses ressources globales.

L’héroïne de Noël, la planète plus belle

Voilà comment Greta organisera son Noël pour qu’il soit ecolo-pertinent, et empêcher de faire jaser encore les médisants. Mais au-delà de quelques gestes simples à adopter, Noël pourra-t-il aider à mettre le pied à l’étrier ? Et si au lieu d’être la fête de la surconsommation, Noël devenait la fête de la mise en application ? « On peut espérer que les réflexions qu’on se fait désormais à Noël pour éviter de trop polluer, nous suivent le reste de l’année. Consommer moins, consommer mieux, c’est toute l’année que c’est vertueux », appuie Maël Coutand. Sa binôme du conte ne dit pas autrement : « Noël c’est aussi une fête où l’on pense à autrui, si on veut aider son prochain il faut faire attention à comment on agit. C’est de plus une fête entre les générations. On peut enseigner aux enfants un monde sans surconsommation. »

Ainsi Greta Thunberg, héroïne de l’année sur son bateau, parvient aussi à sauver l’esprit de Noël en étant écolo. La morale de cette histoire s'il en est, c'est tous autant que l'on est, de s'interroger : consommez moins, réfléchissez aux conséquences et aux sacrifices, demandez-vous ce qui est un besoin et ce qui est un caprice. Ne vous privez pas mais rationalisez, et chacun de vos cadeaux aura plus de portée. C’est la fin de ce conte un peu vert, on laisse Greta retourner à sa mission planétaire. Sera-t-elle bientôt suivie dans son combat par une marée de lutins originaires d'ici et là, prêts comme la jeune Greta, à sauver la Terre des dangers d'ici-bas ?