Projet de loi anti-gaspillage : Couches, tissus, savon… La destruction des invendus non alimentaires interdite dès 2022

CONSOMMATION Concernant les produits d’hygiène, il sera même désormais obligatoire d’en faire don à une association

20 Minutes avec AFP

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Des cosmétiques dans une parapharmacie (image d’illustration).
Des cosmétiques dans une parapharmacie (image d’illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

C’est l’une des mesures clés du projet de loi antigaspillage. L’Assemblée nationale a voté ce vendredi à l’unanimité l’interdiction de la destruction des invendus non alimentaires, comme les produits d’hygiène et le textile. Dès 2022, ils devront être donnés ou recyclés.

Pour les produits d’hygiène de première nécessité (savon, dentifrice, protections hygiéniques…), le don aux associations et aux autres structures de l’économie solidaire sera même obligatoire et le recyclage interdit. « C’est une avancée majeure » contre le « tout jetable », s’est félicité le député LREM de l’Isère Jean-Charles Colas-Roy, en décrivant les modalités de cette interdiction : au plus tard en 2022 pour les produits relevant de filières pollueurs-payeurs existantes (filières REP) et en 2024 pour tous les autres produits.

Une mesure qui fait consensus

Le dispositif, voté en première lecture, rejoint les mesures déjà en vigueur contre la destruction des produits alimentaires. Selon le ministère de la Transition écologique, chaque année, 630 millions d’euros de produits non alimentaires sont détruits, la plus grande part dans le domaine de l’hygiène et des cosmétiques.

Cette interdiction, « c’est un signal très fort que nous envoyons aux professionnels, y compris aux plateformes » comme Amazon, souligne la rapporteure Véronique Riotton (LREM) auprès de l’AFP. Consensuelle dans l’hémicycle, la mesure a été saluée par des députés de tous bords.

Pour son application, il faudra surveiller les éventuels « effets de bords », dans les zones frontalières, avec la possibilité d’aller détruire ses invendus dans les pays voisins. « Les effets de bords resteront limités. Ça fait toujours peur, mais dans chaque mesure il peut y en avoir. Là, je pense qu’ils seront minimes », estime la députée LREM Célia de Lavergne.

La destruction moins « intéressante »

Un amendement LREM qui aligne le régime fiscal du don sur celui de la destruction a également été adopté à l’unanimité. Actuellement, la destruction de produits invendus bénéficie d’un avantage fiscal puisque les entreprises ne sont pas tenues de reverser la TVA dans le premier cas alors qu’elles doivent le faire en cas de don.

La ministre Brune Poirson y a donné un avis « tout à fait favorable », notant que des entreprises comme Amazon laissent entendre qu’elles sont « obligées de détruire leurs invendus à cause de la TVA ». L’Assemblée a par ailleurs voté la création d’un « label national antigaspillage alimentaire », que portait le socialiste Guillaume Garot. Il vise à encourager des pratiques comme le glanage dans les champs, la transformation des fruits et légumes « moches » et à valoriser entreprises ou restaurants « vertueux ».