Réforme des retraites : Delevoye a « pensé » à démissionner après les révélations sur ses activités

GOUVERNEMENT Jean-Paul Delevoye, qui a démissionné mardi de sa fonction liée au groupe IGS, qui lui valait une rémunération mensuelle de 5.368,38 euros net alors qu’il travaillait en même temps au gouvernement, a « oublié » de signaler deux autres postes

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Paul Delevoye, le 10 décembre 2019 à l'Assemblée nationale.
Jean-Paul Delevoye, le 10 décembre 2019 à l'Assemblée nationale. — Jacques Witt/SIPA

Dans la tourmente après des erreurs sur sa déclaration d’intérêts, Jean-Paul Delevoye reconnaît avoir « pensé » à démissionner. Le Haut-commissaire aux Retraites ne veut pas devenir « un sujet de fragilité » pour sa réforme et se dit prêt à en tirer « les conséquences », dans un entretien publié dans Libération ce vendredi.

« Ce n’est pas à moi de juger, mais si j’estimais à un moment que je suis devenu un sujet de fragilité, j’en tirerais les conséquences car (…) le projet est plus important que la personne », a déclaré le haut-commissaire, interrogé sur les rémunérations polémiques perçues au titre de ses activités au sein du groupe de formation IGS malgré son entrée au gouvernement en septembre.

« Je reconnais cette erreur »

« Si j’ai touché une rémunération, c’est pour un travail concret dont je suis fier », a fait valoir Jean-Paul Delevoye, qui a démissionné mardi de ses fonctions liées au groupe IGS, notamment celle de président du think thank Parallaxe qui, selon sa déclaration d’intérêts publiée sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lui valait une rémunération mensuelle de 5.368,38 euros net.

« Je l’ai conservée quand j’ai été nommé haut-commissaire, donc haut fonctionnaire, puis quand je suis devenu membre du gouvernement, ce qui, je l’ai appris depuis, n’était pas autorisé », a expliqué Jean-Paul Delevoye. « Je reconnais sans problème cette erreur et j’ai remboursé les sommes », a-t-il ajouté.

Troisième oubli à la SNCF

« Je mesure tout à fait la perte de crédit, qui d’ailleurs est douloureuse à vivre », a insisté le haut-commissaire, assurant avoir « pensé » à démissionner pour ne pas être « une source de fragilisation de la réforme ». Mais « il y a des amalgames curieux, lorsqu’on essaie de me faire passer pour un défenseur des assureurs », a toutefois conclu Jean-Paul Delevoye, accusé de conflit d’intérêt avec le milieu des assurances pour avoir été administrateur bénévole d’un institut de formation du secteur, l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance). Un poste occupé depuis 2016 mais qu’il n’avait pas déclaré, comme l’a révélé Le Parisien lundi.

Vendredi, le site d’informations Capital a mis au jour un nouvel oubli de Delevoye, qui siège bénévolement depuis 2016 au conseil d’administration de la Fondation SNCF, dont « l’action caritative est très éloignée des questions de retraites ou de régime spécial des cheminots », fait-on valoir à la SNCF.

Pour un député LREM, autant la question des liens avec l’assurance est « vraiment un mauvais procès, autant ''l’emploi'' à plus de 5.000 euros par mois en parallèle de sa fonction de haut-commissaire, c’est plus difficilement défendable ». Il devrait néanmoins, selon lui, conserver son poste « sauf s’il y a d’autres problèmes révélés… il y a souvent une loi des séries ».