Incendie de Lubrizol : La direction de l’environnement favorable à une réouverture partielle

FEU VERT Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, lui, doit rendre son avis dans la journée

20 Minutes avec AFP

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A l'entrée de l'usine Lubrizol de Rouen.
A l'entrée de l'usine Lubrizol de Rouen. — Robin Letellier/SIPA

Les salariés de Lubrizol vont-ils pouvoir reprendre le travail ?  La Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) de Normandie s’est dit favorable, ce mardi, à une réouverture partielle de l’usine de produits chimiques, fermée depuis l’incendie de septembre, a annoncé le préfet de Normandie.

« J’ai obtenu hier l’arrêté final favorable de la Dreal. Cet arrêté a été envoyé aux membres du Coderst (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se réunira le 10 décembre prochain et émettra un avis », a déclaré le préfet Pierre-André Durand, lors d’une conférence de presse à Rouen.

Le préfet prendra sa décision en fonction de l’avis du Coderst

L’avis du Coderst est consultatif mais « parce que ce qui s’est passé a ému, a impressionné », même s’il n’y a eu ni mort ni blessé, « je suivrai l’avis du Coderst », a indiqué le préfet. C’est « un dossier jugé (…) techniquement sérieux et crédible. C’est la première étape. La deuxième sera celle de l’avis du Coderst. S’il est négatif, les choses en resteront là. S’il est positif, je pourrai prendre l’arrêté d’ouverture partielle », a ajouté le préfet. Le Coderst est une « émanation de la société civile » qui compte 24 membres dont 6 des services de l’Etat, selon la préfecture.

L’arrêté de la Dreal transmis au Coderst n’est pas public, selon la préfecture. « Il s’agit d’une réouverture sur deux petites unités de mélange qui ne nécessite pas le maintien de produits chimiques », a précisé Pierre-André Durand, dans une zone qui n’a pas été touchée par l’incendie de ce site Seveso seuil haut le 26 septembre. La réouverture partielle proposée passe par une « profonde modification dans la gestion de l’approvisionnement et des sorties pour drastiquement diminuer les stocks », et pour que « les produits ne soient pas concentrés au même endroit », a précisé le directeur de l’environnement Olivier Morzelle, en poste « depuis trois jours » selon le préfet.

Encore 977 fûts à évacuer

Lubrizol aura répondu avant l’éventuelle réouverture partielle, aux mises en demeure dont il a fait l’objet depuis l’incendie, a assuré le chef adjoint du service risque de la Dreal Olivier Lagneaux. Dans une des unités il s’agira de mélanger des produits visqueux ; dans l’autre, il s’agira d’additifs, de dissoudre des produits solides dans des huiles, a aussi indiqué Olivier Lagneaux. Cette éventuelle réouverture partielle est vivement critiquée par l’association Robin des bois. Cela « risque de faire de tout le personnel de Lubrizol Rouen une victime collective à l’horizon de 3 à 4 ans », a-t-elle estimé mercredi dans un communiqué.

Concernant les fûts endommagés, et pour certains potentiellement dangereux, en cours d’évacuation du site, « Lubrizol nous a fait la démonstration que le redémarrage demandé n’impacte en rien leur rythme de traitement », a ajouté Olivier Morzelle. Le préfet a par ailleurs « démenti » les affirmations de Robin des bois selon lesquelles ces opérations d’évacuation ne seraient « pas terminées avant le mois d’avril ». Elles devraient prendre encore « plutôt quelque chose comme un mois et demi, deux mois », même si « ça prendra le temps que ça prendra », selon le préfet. Il reste 977 fûts à évacuer sur environ 1.300 au départ, selon le préfet. Entamée fin octobre, l’évacuation devait au départ durer deux mois au total.