Réforme des retraites : La crainte de nouveaux débordements en marge des cortèges

SECURITE Les forces de l’ordre seront très mobilisées, mardi, à l’occasion de cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites

Thibaut Chevillard

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Un manifestant fait face aux policiers des brigades de répression de l’action violente le 5 décembre dernier, à Paris
Un manifestant fait face aux policiers des brigades de répression de l’action violente le 5 décembre dernier, à Paris — ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
  • Jeudi 5 décembre, des violences ont émaillé la mobilisation contre la réforme des retraites à Paris, infiltrée par des centaines de black blocs.
  • Redoutant de nouveaux incidents, la place Beauvau mobilisera largement les forces de l’ordre, ce mardi, à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation.
  • Dans la capitale, le préfet de police a pris un arrêté de fermeture des commerces situés sur le parcours de la manifestation.

De nouvelles violences sont-elles à craindre ? Jeudi dernier, malgré l’important dispositif déployé par la préfecture de police, des incidents ont éclaté dans le cortège parisien quand des black blocs s’en sont pris aux forces de l’ordre, place de la République, dans l’est de la capitale. Des « éléments radicaux », venus par centaines, qui pourraient encore troubler, mardi, la  nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, s’inquiète une source ministérielle. Il faut dire que samedi après-midi, le centre-ville de Nantes a été saccagé par des casseurs lors d’une manifestation. « Ils ont montré qu’ils étaient toujours là. »

Au niveau national, la mobilisation des forces de l’ordre, mardi, sera donc « à un niveau assez important », au moins similaire à celui de jeudi, poursuit cette même source ministérielle, sans donner pour autant de chiffres précis. A Paris, la préfecture de police se contente, elle aussi, de faire savoir dans un communiqué qu’elle mobilisera « des moyens humains et matériels significatifs visant à assurer la sécurité des manifestants et à prévenir les violences et dégradations en marge du cortège ». La semaine dernière, 6.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans la capitale.

Plusieurs sections de gendarmes mobiles et de CRS

Selon nos informations, les forces de l’ordre seront très nombreuses pour faire face aux éléments violents qu’elles s’attendent à affronter. Une quarantaine de pelotons de gendarmes mobiles boucleront un large périmètre autour du palais de l’Elysée, des Champs-Elysées et de la place de l’Etoile. Une trentaine de sections de CRS protégeront l’Assemblée nationale et Matignon, et une vingtaine d’autres encadreront le cortège qui partira à 13h30 de la place Vauban (7e), survolée par un drone, pour rejoindre Denfert-Rochereau (14e) en fin d’après-midi.

La préfecture de police mobilisera aussi les Brigades de répression de l’action violente, dont certaines motorisées. Il s’agit d’unités très mobiles qui s’adaptent aux violences observées lors des manifestations. Les effectifs de la Dspap (Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne) seront, eux, chargés des missions de surveillance et de sécurisation aux abords des gares et de repérer les éventuels fauteurs de troubles en procédant à des contrôles. D’autre part, toujours selon nos informations, les autorités ont demandé aux syndicats qui organisent la manifestation de renforcer leur dispositif de sécurité.

« Se conforter strictement aux consignes »

Le préfet de police, Didier Lallement, a pris un arrêté de fermeture des commerces situés sur le parcours de la manifestation. Il leur recommande de « prendre toutes les mesures utiles à la protection de leurs biens ». Traduction : ils doivent se barricader, comme le font de nombreux commerçants depuis un an lors des manifestations des «  gilets jaunes ». Par ailleurs, les voitures ne pourront pas se garer le long du trajet entre minuit et 20h.

Didier Lallement a demandé à la mairie de Paris de « faire enlever tous les éléments pouvant servir de projectiles » et de « sécuriser les chantiers de voie publique ». Le haut fonctionnaire demande aussi à « l’ensemble des manifestants pacifiques » de se « positionner dans le cortège syndical et non à son amont, où les groupes radicaux ont pris l’habitude de se former pour mener leurs actes de déstabilisation ». Il les invite « à se conforter strictement aux consignes des organisateurs, et notamment à l’ordre de dispersion lorsqu’il sera donné en fin de manifestation ».