Bordeaux : Où en est l’enquête sur les seize « Black Blocs » présumés interpellés ?

ENQUETE Seize personnes ont été interpellées samedi au Bouscat, dans la banlieue de Bordeaux. Proches de la mouvance des « Black Blocs », elles semblaient préparer des actions violentes à l’encontre des forces de l’ordre

Mickaël Bosredon

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Illustration police
Illustration police — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le parquet de Bordeaux indique ce lundi que les seize suspects seront déférés dans la journée et présentés à un juge d’instruction, en vue d'une mise en examen.
  • En provenance de plusieurs départements, ils avaient loué une maison au Bouscat, où un attirail utilisé pour la fabrication de cocktails Molotov a été retrouvé.
  • Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, les suspects voulaient passer à l’action lors de la manifestation des « gilets jaunes » de samedi après-midi à Bordeaux.

Seize personnes ont été interpellées et placées en garde à vue samedi, près de Bordeaux. Elles sont soupçonnées d'avoir préparé des actes de dégradations et de violences à l’encontre des forces de l’ordre, en vue de la manifestation des « gilets jaunes » à Bordeaux, qui se déroulait dans l’après-midi. 20 Minutes fait le point sur cette affaire.

Où en est l’enquête ?

Le parquet de Bordeaux indique ce lundi que les seize suspects vont être déférés dans la journée en vue d’une présentation devant un juge d’instruction en vue d'une mise en examen. « Des réquisitions de placement en détention provisoire » seront prises à leur encontre.

Pourquoi les soupçonne-t-on d’avoir préparé des actes de violences et de dégradations en vue de la manifestation de samedi dernier ?

Les services de police ont agi sur un renseignement. Ils ont été informés que ces individus, en provenance de plusieurs départements, s’étaient retrouvés vendredi 5 décembre dans un appartement au Bouscat, dans la banlieue de Bordeaux, louée via le site AirBnB. « D’après les éléments recueillis, indique le parquet, ils étaient proches de la mouvance black blocs et semblaient déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre à l’occasion de la manifestation des “gilets jaunes” prévue dans l’après-midi à Bordeaux. » Ils ont été interpellés samedi à 12 h 15 après une opération de police dans cette bâtisse.

Lors de leur perquisition, les policiers ont trouvé un « lot d’objets défensifs [gants, masques] mais aussi des bouchons équipés de clous destinés à crever les pneus des véhicules des forces de l’ordre, des bouteilles d’acide chlorhydrique, des mèches et des boules d’aluminium », attirail utilisé pour la fabrication de cocktails Molotov.

Des inscriptions « ACAB » retrouvés sur les murs de la ville

Parallèlement, un rapprochement a été fait avec des dégradations constatées sur des murs de la ville du Bouscat, « où des inscriptions portant la mention “ACAB (All Cops Are Bastards)” avaient été trouvées dans la matinée entre 3h20 et 3h50. » Une enquête était alors ouverte des chefs de « dégradations commises en réunion, et d’associations de malfaiteurs en vue de commettre des dégradations et des violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. »

Qui sont ces seize suspects ?

Parmi les seize suspects, dix hommes et six femmes âgés de 19 à 45 ans, « cinq sont déjà connus de la justice ». Parmi eux, l’un a été condamné à Bordeaux en mars dernier pour « participation à un attroupement avec arme et dissimulation du visage », un autre a été condamné « quatorze fois entre 2004 et 2013 notamment pour vol à main armée par la cour d’assises de la Haute-Garonne », et un autre encore pour des faits de vol avec violences.

Reconnaissent-ils qu’ils préparaient des actes de violence ?

Non. Le parquet indique qu’ils ont reconnu durant leur garde à vue qu’ils s’étaient retrouvés en vue de la manifestation de samedi après-midi, mais aucun ne revendique la propriété des objets trouvés en perquisition.