Grève du 5 décembre à Toulouse : Pour les gilets rouges de la SNCF, le message est très simple dans une gare Matabiau paralysée

SOCIAL Zéro train, pas beaucoup plus d’usagers. Paradoxalement, la paralysie totale de la gare Matabiau de Toulouse en ce jour de grève générale simplifie considérablement la tâche des gilets rouges de la SNCF

Hélène Menal

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Les gilets rouges bénévoles de la SNCF le 5 décembre 2019 dans une gare Matabiau désertée.
Les gilets rouges bénévoles de la SNCF le 5 décembre 2019 dans une gare Matabiau désertée. — H. Menal - 20 Minutes
  • Pas le moindre train à la gare de Toulouse en ce jeudi noir.
  • Une paralysie annoncée qui pour l’instant simplifie la charge des gilets rouges de la SNCF.
  • Les bénévoles n’ont pas besoin de se perdre en explications.

« Bonjour ! C’est pour le métro ? C’est par l’extérieur ». A Matabiau, la gare de Toulouse, on ne peut pas dire qu’en ce jour de grève générale la soupape a explosé pour les gilets rouges bénévoles de la SNCF chargés d’aiguiller les usagers en perdition. Et pour cause : pas le moindre TER ou TGV à l’horizon, des quais vides et condamnés par un ruban.

Et comme il n’y a pas de cars de substitution non plus, « le message est assez facile », reconnaît Martin*, cadre mobilisé pour ce jeudi noir. Si noir, qu’il en est finalement « très calme ». Pas la peine de se plonger dans les horaires, d’expliquer les temps d’attente, rien, puisque absolument rien ne roule.

D’ailleurs, personne n’est vraiment assoiffé de renseignements. Dans ce hall quasi désert, il y a Karim* qui boit un café au chaud en attendant le collègue qui doit le prendre en covoiturage. Une dame aussi, qui habite au sud du département et travaille dans un établissement de santé toulousain. Elle fait sa pause à Matabiau, comme si son train allait arriver, et comme si elle n’avait pas dû se faire héberger dans la Ville rose. « Je leur ai quand même demandé pour la forme où était le service minimum », confie-t-elle en glissant un regard mauvais vers les gilets rouges.

« Tout le monde sait pourquoi »

Mais des râleurs il y en a peu. Martin a endossé sa chasuble rouge récemment pour le « droit de retrait » déclenché à la suite d’un accident de train dans les Ardennes. C’était une autre histoire, il fallait expliquer, il y avait du débat. « Là, c’est interprofessionnel. Tout le monde sait pourquoi. Personne ne demande », témoigne-t-il. Même en interne, pas encore de discussion enflammée. Il a croisé deux agents grévistes aux aurores, c’était cordial.

Les gilets rouges toulousains savent que si le mouvement dure, et que le service passe de « zéro » à partiel, leur tâche peut se corser dans les prochains jours. « D’après mes contacts à la gare, ils sont partis jusqu’à dimanche », assure Jean-Louis, un chauffeur de taxi désœuvré devant Matabiau qui n’a pas pris une course en deux heures. « C’est le désert de Gobie, on hésite entre jouer à la belote ou se jeter dans le Canal », plaisante-t-il.

Son collègue Didier a « chargé une fois ». « Ils avaient des bagages, je crois qu’ils descendaient d’un Flixbus ». A midi, il rentre chez lui. « Avec la manif qui s’annonce », il a peu d’espoir de sauver sa journée.

* Les prénoms ont été modifiés.