Changement climatique : « Il faut revoir fondamentalement notre façon de vivre », assure l'océanographe Marina Levy

ECOLOGIE Marina Levy, océanographe, a lancé l'alerte. La scientifique a débattu mercredi avec Jean-François Julliard, de Greenpeace, et Juan Arbelaez, chef cuisinier, à l'initiative de « 20 Minutes »

Mathilde Cousin

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Juan Arbelaez, Marina Levy et jean-François Julliard ont débattu mercredi à l'initiative de
Juan Arbelaez, Marina Levy et jean-François Julliard ont débattu mercredi à l'initiative de — Tom Herbette
  • « 20 Minutes » organisait ce mercredi l’événement Visions à Paris.
  • L’occasion de s’intéresser aux nouveaux liens qui structurent la société.
  • Marina Levy, océanographe, Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, et Juan Arbelaez, chef cuisiner, ont débattu autour des nouvelles mobilisations pour le climat.

Quelque 15.000 manifestants pour le climat à Paris le 21 septembre, la naissance de mouvements de désobéissance civile comme Extinction rebellion, Greta Thunberg récipiendaire de plusieurs prix… Le combat contre le réchauffement climatique mobilise, avec de nouvelles formes de lutte.

Un constat partagé par Marina Levy, océanographe et chercheuse au CNRS, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, et Juan Arbelaez, chef cuisinier. Tous trois ont débattu mercredi à la Maison des Océans, à Paris, pendant Visions, un événement organisé par 20 Minutes pour ses lecteurs autour de la thématique des nouveaux liens. « Ce qui nous a beaucoup marqués chez Greenpeace, c’est qu’on a vu des gens qui grillaient un peu toutes les étapes du militant classique, raconte Jean-François Julliard. Des gens sont venus nous voir pour dire : je veux participer à des actions de désobéissance civile. » Exit le tractage ou la pétition, la panoplie du militant débutant. Avec Extinction rebellion, des centres commerciaux sont occupés.

« Apprendre à repenser nos désirs »

Pour un réel changement, il ne suffit pas de changer votre comportement et celui de vos proches, insistent le responsable de l’ONG et Marina Levy. « Il faut revoir fondamentalement notre façon de vivre, sur tous les plans : l’alimentation, le logement, notre façon de partir en vacances, etc., souligne la chercheuse. Il faut que l’on apprenne à repenser nos désirs en intégrant ces contraintes. Ce changement ne peut pas se faire sans un changement en profondeur de tout, c’est bien plus qu’un changement de comportement individuel. »

Impliquer les Etats et les entreprises est essentiel : « Les études les plus récentes montrent que le chemin à parcourir pour que la France soit alignée sur les objectifs de l’accord de Paris est encore immense, rappelle le responsable de Greenpeace. Une étude montre qui, si on adoptait tous des comportements individuels vertueux, cela ne couvrirait qu’un quart des efforts. Le reste revient aux Etats et aux entreprises. » Un message lancé alors que se déroule à Madrid la COP 25, qui réunit 196 pays. Pendant l’ouverture de la conférence dimanche, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a dénoncé les engagements « totalement insuffisants » de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.