Marseille : Malgré un déficit, les transports publics ont la cote auprès des Marseillais

TRANSPORTS EN COMMUN Une étude réalisée par l’union des transports publics révèle que les Marseillais utilisent plus les transports en commun qu’ailleurs

Adrien Max

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Un bus aux couleurs de la nouvelle marque d'Aix-Marseille Metropole « La metropole mobilité ».
Un bus aux couleurs de la nouvelle marque d'Aix-Marseille Metropole « La metropole mobilité ». — David Girardon
  • Une étude sur les habitudes des Marseillais en matière de transports en commun révèle qu’ils les utilisent occasionnellement plus qu’ailleurs.
  • Mais à y regarder de plus près, le tram et les bus sont privilégiés au détriment du métro, vieillissant, et qui ne dispose que de deux lignes.
  • Preuve du manque de transport en commun, les Marseillais utilisent plus qu’ailleurs en France les moyens de déplacements partagés.

Les transports en commun et Marseille, ce n’est pas vraiment la grande histoire d’amour. Pourtant, une étude réalisée par l’Ifop pour l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) sur les habitudes des Marseillais dans leurs usages révèlent certaines données intéressantes : les Marseillais utilisent en moyenne plus les transports en commun occasionnellement que les autres villes. Et ce, malgré les nombreuses critiques à l’encontre de l’état de vétusté et du manque de ligne du réseau marseillais. La présidente de la Métropole d’Aix-Marseille, Martine Vassal a d’ailleurs reconnu : « A Marseille, nous avons quarante ans de retard sur les transports en commun ».

Surprise, 90 % des Marseillais affirment avoir pris les transports en commun au moins une fois par mois, contre 73 % des Français vivant dans une ville de plus de 50.000 habitants. Dans le détail, ce pourcentage atteint 82 % pour le métro à Marseille, contre 36 % dans les autres villes de plus de 50.000 habitants, 80 % pour le bus, contre 52 %, et 62 % pour le tramway, contre 32 % au niveau national, toujours pour les villes de plus de 50.000 habitants.

Mieux que les bouchons

« Marseille est une ville dense, les transports en commun sont donc relativement utilisés malgré les critiques qui peuvent être faites », explique Stéphane Coppey, membre d’une association d’usagers.

Les lignes de métro et de tram à Marseille.
Les lignes de métro et de tram à Marseille. - Capture d'écran RTM

Malgré les difficultés d’utilisations des transports en commun, les Marseillais recommandent l’utilisation des transports publics à 79 % pour des raisons de praticité, notamment en termes de stationnement et d’embouteillages, contre 67 % dans les autres villes. « C’est encore pire en voiture, ça avance au pas donc ça coûte cher en essence, les véhicules des particuliers se détériorent plus vite et vous ne mettez pas moins de temps, alors que vous êtes plus fatigués », avance Alain Berthoumieu, membre de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports, qui connaît bien le cas marseillais.

Le déficit du métro

Mais si l’on se penche sur l’utilisation régulière des transports en commun, c’est-à-dire au moins deux fois par semaine, le tram et le bus sont privilégiés au détriment du métro. 67 % des Français interrogés ont emprunté le métro au moins deux fois par semaine, contre 59 % à Marseille. Ce taux grimpe à 62 % pour le tram et à 69 % pour le bus.

Et pour cause, les lignes de tram, plus agréables, empruntent bien souvent le même tracé que celui du métro. « Cela est symptomatique d’une insuffisance en matière de métro contrairement à d’autres villes. Paris, par exemple avec ses 16 lignes, ou Lyon, [troisième ville de France derrière Marseille] avec ses quatre lignes. Les utilisateurs s’orientent vers d’autres façons de se déplacer, y compris la voiture », avance Stéphane Coppey.

Les modes de transport partagés ont la cote

Le déficit de transport en commun se retrouve dans l’utilisation de modes de déplacement partagés comme le covoiturage, les vélos en libre-service ou les trottinettes électriques. A Marseille, 34 % des personnes interrogées affirment utiliser ces modes de transport, contre 26 % dans les autres villes de plus de 50.000 habitants.