Affaire Sophie Le Tan : Demande d’une nouvelle enquête sur une disparition en 1987

DISPARITION Le corps de Françoise Hohmann, disparue en 1987 après avoir rendu visite à Jean-Marc Reiser, n’a jamais été retrouvé. L'avocat de la famille demande la réouverture d’une enquête

20 Minutes avec AFP

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Une marche blanche pour Sophie Le Tan à Schiltigheim, le 29 septembre 2018.
Une marche blanche pour Sophie Le Tan à Schiltigheim, le 29 septembre 2018. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

L’avocat de la famille de Françoise Hohmann, jeune femme disparue à Strasbourg en 1987, a indiqué mardi avoir demandé la réouverture d’une enquête, pointant « d’étranges similitudes » avec la disparition de l’étudiante Sophie Le Tan dont le corps a été retrouvé en octobre dans une forêt.

« Le 25 novembre, j’ai demandé la réouverture de l’information judiciaire pour séquestration et j’ai déposé une plainte pour recel de cadavre » auprès de la procureure de la République à Strasbourg, a indiqué Me Thierry Moser. Françoise Hohmann a disparu en 1987, à l’âge de 23 ans, et son corps n’a jamais été retrouvé. Elle était représentante de commerce et le dernier client à qui elle avait rendu visite avant sa disparition, dans le quartier de Hautepierre, était Jean-Marc Reiser. Celui-ci avait été acquitté pour meurtre au bénéfice du doute en 2001.

La famille « attend la justice et la vérité, dont elle est privée depuis plus de trente ans »

Sophie Le Tan a disparu en septembre 2018 alors que l’étudiante de 20 ans devait aller visiter un appartement à Schiltigheim, au nord de Strasbourg. Son squelette incomplet a été découvert dans une forêt en octobre. L’unique suspect, Jean-Marc Reiser, 59 ans, qui avait posté l’annonce immobilière, a été arrêté quelques jours après sa disparition et mis en examen pour assassinat, des traces de sang de l’étudiante ayant été retrouvées chez lui et sur une scie.

« La procédure "Sophie Le Tan" présente de très étranges similitudes avec la procédure Hohmann », ainsi qu’avec des viols pour lesquels Jean-Marc Reiser avait ensuite été condamné en 2003, a considéré Me Moser. « Je voudrais qu’on examine très sérieusement les trois procédures pour voir l’existence de similitudes troublantes », a poursuivi l’avocat, faisant aussi valoir les « progrès de la science » depuis 1987.

« C’est encore un moyen de réactiver le dossier et de provoquer des investigations nouvelles », a-t-il ajouté, espérant connaître d’ici à « quelques semaines » la suite que donnera le parquet de Strasbourg à ses demandes. La famille de Françoise Hohmann, que Me Moser a rencontrée mardi, « attend la justice et la vérité, dont elle est privée depuis plus de trente ans », a affirmé l’avocat.