Place de la République lors de la Fête des lumières 2018.
Place de la République lors de la Fête des lumières 2018. — E. Frisullo / 20 Minutes

TOURISME

Grève du 5 décembre : Les hôteliers « fatalistes » à Lyon pour la Fête des lumières

A Lyon, à deux jours du début de la Fête des lumières, les professionnels du tourisme s’inquiètent des conséquences de la grève du 5 décembre sur la fréquentation de la ville et de leurs établissements

  • La Fête des lumières commence jeudi soir à Lyon, jour de la mobilisation générale contre la réforme des retraites.
  • Face à la menace d’une grève très suivie dans les transports, de nombreux visiteurs ont annulé leur venue à Lyon, ce qui inquiète fortement les professionnels du tourisme, hôteliers en tête.

Jeudi soir, à la nuit tombée, Lyon se métamorphosera sous les feux de la soixantaine de spectacles prévus à travers la ville. Mais à deux jours du début de la Fête des lumières (5 au 8 décembre), l’heure est loin d’être à la sérénité entre Rhône et Saône, où la grève générale du 5 décembre vient peser sur le moral de nombreux professionnels du tourisme.

Au premier soir des festivités, la mobilisation massive attendue dans de multiples secteurs d’activité devrait très fortement perturber les transports (TCL et trains) et pourrait jouer sur la fréquentation touristique. L’an passé, 1.8 millions de spectateurs s’étaient pressés dans les rues de la ville lors des quatre soirées. Plus de la moitié d’entre eux étaient originaires du Rhône. Pour ces visiteurs de proximité, la crainte est limitée, même si la grève dans les TCL risque d’en refroidir plus d’un de venir dans l’hypercentre Lyonnais jeudi soir.

« C’est difficile d’anticiper. Est-ce que les gens vont déplacer leur venue sur un autre soir ou s’organiser différemment pour venir, il est trop tôt pour le dire », indique la mairie de Lyon, qui a renforcé l’offre de stationnement dans plusieurs parkings de la ville pour accueillir les spectateurs venus des communes ou départements voisins. Le parking du Palais des sports proposera ainsi 900 places contre 300 habituellement et celui de la plaine des jeux, à Gerland toujours, pourra accueillir 300 véhicules.

A l’office du tourisme aussi, on se veut confiant. « Pour l’instant, l’impact de la grève annoncée est limité. Nous avons enregistré quelques annulations de visites guidées en groupe prévues le 5 décembre, mais à la marge », souligne-t-on chez OnlyLyon. Mais du côté de certains professionnels du tourisme, l’inquiétude monte au fil des jours. Chez les hôteliers notamment, pour lesquels la fête est évidemment une période d’activité essentielle.

Des taux d’occupation en baisse de 10 à 30 %

« On est très fataliste et résigné, confie Laurent Duc, président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie du Rhône (Umih). Le jeudi s’annonce catastrophique, avec de grosses annulations sur le marché des professionnels et des loisirs ». Plusieurs entreprises qui, dans le cadre de séminaires ou salons, avaient réservé une nuit pour permettre à leur collaborateur de profiter de la Fête des lumières ont préféré annuler par crainte de grosses perturbations à la SNCF. Des particuliers, qui avaient prévu de séjourner à Lyon ce week-end, ont également renoncé.

« Pour l’instant, on enregistre une baisse moyenne de 10 à 30 % de l’occupation des hôtels donc du chiffre d’affaires pour le jeudi soir et de 15 % sur les quatre jours de fête », ajoute Laurent Duc. Les touristes, qui avaient prévu de venir des quatre coins de la France, sont principalement concernés.

« Les étrangers viennent en avion ou en voiture, comme les Suisses. Notre problème, c’est surtout ceux qui devaient venir en TGV, ajoute le président, propriétaire d’un établissement à Villeurbanne qui n’a pas échappé aux annulations en série. Tout comme cet hôtelier du centre de Lyon, habituellement pris d’assaut.

« Qu’on arrête de nous prendre en otage »

« Notre taux de réservation n’a jamais été aussi bas que pour la Fête des lumières, alors que nous sommes toujours complets. Nous le sommes d’ailleurs sur ce début de semaine », explique le jeune gérant, qui a enregistré des annulations mais également une nette baisse de réservations. « La grève n’explique pas tout. Avant même l’annonce de cette mobilisation, nous avions peu de réservations alors qu’habituellement les gens anticipent des semaines à l’avance leur venue à la Fête des lumières », ajoute-t-il. Pour tenter de remplir ses chambres, il a déjà fortement baissé ses tarifs pour cette fin de semaine.

« Nous allons tous faire des promotions pour essayer de remplir. Mais cela ne suffira pas. Et le personnel que nous avons prévu pour ces quatre jours, nous ne pouvons pas l’annuler », ajoute Laurent Duc, exaspéré. « Le 8 décembre est victime de tous les séismes de la planète. Avant, c’était les grèves TCL, puis la fête a été annulée après les attentats, ensuite nous avons eu une version réduite, et puis la mobilisation des gilets jaunes. Qu’on arrête de nous prendre en otage. Qu’on arrête de prendre en otage cette fête imaginée pour que la ville soit belle. Il ne faut pas oublier que le tourisme a des retombées économiques pour tout le monde ».