Réforme des retraites : « Le gouvernement a perdu tout le monde », estime Laurent Berger de la CFDT

SOCIAL Le secrétaire général de la CFDT a estimé lundi sur LCI que « le gouvernement a perdu tout le monde » avec son projet de réforme des retraites, alors qu'« il n’y a aucun texte sur la table » des discussions

20 Minutes avec AFP

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Laurent Berger, le 23 septembre 2018 sur RTL.
Laurent Berger, le 23 septembre 2018 sur RTL. — RTL-BUKAJLO/RTL/SIPA

« Le gouvernement est en train de perdre tout le monde, il a perdu tout le monde » et « il a donné le sentiment que cette réforme (des retraites), c’était aussi pour se payer les régimes spéciaux », a déclaré ce lundi sur LCI Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. Cette organisation est favorable « depuis 2006 » à un système universel de retraite « plus juste, plus lisible », précise-t-il.

« La discussion n’est pas terminée, on rencontre encore» le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye « cette semaine les uns et les autres », un rendez-vous « mercredi matin » pour la CFDT, a indiqué Laurent Berger. Avec la grève nationale interprofessionnelle jeudi, à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU, « il y a un moment de crispation, d’affrontement qui se prépare » et « cette logique d’affrontement est néfaste au débat », a-t-il souligné.

Un projet de loi en janvier

« Cette réforme n’existe pas pour l’instant (…). Il n’y a aucun texte sur la table. On ne sait pas ce qu’ils vont faire encore. Ils disent eux-mêmes qu’il n’y a pas eu d’arbitrages » et « le risque, c’est un enterrement de première classe d’une réforme de justice », s’est inquiété Laurent Berger. « En janvier normalement, il y aura un projet de loi. D’ici là, on veut connaître les arbitrages » et s’il y a « un élément paramétrique » en demandant « aux personnes de travailler plus longtemps sur la carrière (…), en janvier, oui, la CFDT se mobilisera », a-t-il rappelé.

« Le système universel de retraite, il ne vaut que s’il y a des éléments de justice tangibles dedans, la pénibilité, la reconnaissance des carrières longues, les compensations pour les femmes, les salariés précaires… », a-t-il énuméré. Dire que « le premier sujet, c’est le déséquilibre budgétaire », c’est « une erreur », a-t-il affirmé.

« Un contrat social » avec les cheminots

Interrogé sur le préavis de grève illimitée déposé par la CFDT-Cheminots à la SNCF​, Laurent Berger a répondu que cette fédération avait agi ainsi « pour dire "il est encore temps de discuter avant le 5" » décembre. « Elle défend les cheminots actuels, on a un contrat social avec eux », a-t-il dit.