Marseille : Une marche en hommage à Zineb Redouane, un an après sa mort

HOMMAGE Un millier de personnes se sont rassemblées samedi à Marseille en hommage à Zineb Redouane, cette octogénaire décédée en marge de plusieurs manifestations il y a un an

20 Minutes avec AFP

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La marche en hommage à Zineb Redouane, un an après sa mort.
La marche en hommage à Zineb Redouane, un an après sa mort. — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • Un millier de personnes se sont rassemblées samedi à Marseille en hommage à Zineb Redouane.
  • Cette octogénaire était décédée des suites de ses blessures causées par une grenade lacrymogène en marge de plusierus manifestation à Marseille, il y a un an.

« Zineb, on oublie pas, on pardonne pas » : un millier de personnes ont manifesté samedi à Marseille en souvenir de Zineb Redouane, cette octogénaire décédée le 2 décembre 2018, 24 heures après avoir été touchée par une grenade lacrymogène, en marge de manifestations dans la cité phocéenne.

Derrière une banderole « hommage à Zineb », avec le slogan « Batman tue, soyons Joker », la marche partie du Vieux Port a fait un tour dans les rues du centre de Marseille, a constaté un journaliste de l’AFP. Elle a ensuite rejoint l’endroit où a été blessée Zineb Redouane, au cœur du quartier de Noailles.

La seule personne pour laquelle la responsabilité de la police est mise en cause

Il y a un an, l’octogénaire se trouvait sur son balcon, au 4e étage du 12 rue des Feuillants, à l’angle de la Canebière, quand elle a été touchée au visage par les éclats d’une grenade lacrymogène lancée par les forces de l’ordre. Ce 1er décembre 2018 était l’acte 3 du mouvement des « gilets jaunes », mais aussi le jour d’une grande marche contre le logement indigne, après la mort de 8 personnes dans l’effondrement de deux immeubles insalubres rue d’Aubagne, le 5 novembre.

Samedi, les « gilets jaunes » étaient très minoritaires dans la manifestation, parmi une foule très jeune et majoritairement habillée de noir, dont beaucoup de personnes cagoulées ou équipées de foulards ou de casques de ski pour éviter les gaz lacrymogènes. « La vérité on la connaît, la justice nique ta mère », clamait une autre grande banderole, pour dénoncer la lenteur de l’enquête ouverte après le décès de Zineb Redouane.

Le 21 août, la cour de cassation a ordonné le dépaysement de cette enquête à Lyon, à la demande du parquet général d’Aix-en-Provence. Robert Gelli, le procureur général, avait fait cette requête pour la « sérénité » de l’information judiciaire et « dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice ». Zineb Redouane est à ce jour la seule personne décédée en marge du mouvement des « gilets jaunes » et pour laquelle la responsabilité de la police est mise en cause.