Réforme des retraites : « Tout est sur la table »... Delevoye recevra tous les syndicats d’ici le 5 décembre

GREVE « Tout est sur la table. J’ai 350 réunions d’ici la fin de l’année », a assuré Jean-Paul Delevoye

20 Minutes avec AFP

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Jean-Paul Delevoye, le  21 novembre 2019 à Poitiers.
Jean-Paul Delevoye, le 21 novembre 2019 à Poitiers. — GUILLAUME SOUVANT/DICOM/SIPA

Arrivera-t-il à désamorcer la colère des syndicats avant l'appel à la grève du 5 décembre ? Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a annoncé ce vendredi sur LCI qu’il recevrait « toutes les organisations syndicales entre maintenant et le 5 décembre ».

« Nous rencontrons à nouveau les organisations syndicales entre maintenant et le 5 décembre, comme il était prévu, chacun au moins une fois », a-t-il précisé. « Le calendrier est précis ». Devant le Conseil économique, social et environnemental, le 12 septembre, le Premier ministre Edouard Philippe avait « indiqué que la loi serait votée avant la fin de la session parlementaire du premier semestre 2020 », a rappelé Jean-Paul Delevoye. Mercredi, « il a reprécisé le calendrier, moi je suis en cours de discussions avec les organisations syndicales, nous allons accélérer un peu le calendrier », a-t-il ajouté.

Une borne, l’année 1963

« Je terminerai un peu avant le 5 décembre mes rencontres, pour faire en sorte que le 8, le 9 ou le 10 je puisse en présenter les conclusions au Premier ministre et de là, avant la fin de l’année, il précisera le projet, son architecture et le passage au Parlement ». Interrogé sur la « clause du grand-père » qui repousserait la réforme aux seuls nouveaux entrants aujourd’hui dans le monde du travail, Jean-Paul Delevoye a précisé que « cela fait partie des hypothèses mais sa généralisation effectivement est écartée ».

« Nous avions préconisé que si la loi était votée en 2020, c’était la génération 1963 (qui était concernée), pourquoi ? Parce que c’était la génération qui avait 62 ans en 2025 », a-t-il expliqué. Mais « ce projet-là, c’est sur les 40, 50, 60 prochaines années, c’est pas à une année, deux années, cinq années près », a-t-il assuré, précisant que « ce débat est sur la table, c’est la borne que j’ai proposée dans mon rapport mais elle peut parfaitement changer ».

350 réunions d’ici la fin de l’année

« Faut-il une date unique ? Selon les situations, on peut avoir une diversité de situations qui amène une diversité de réponses », a-t-il suggéré. « Tout est sur la table. » « J’ai 350 réunions d’ici la fin de l’année. Il y a une multitude de situations, comment voulez-vous imposer une durée, une transition, un chemin identique alors qu’il y a tant de diversité ? », a observé le haut-commissaire. « Il y aura un temps (de transition) adapté. »

Interrogé sur le déficit prévu du régime, Jean-Paul Delevoye a précisé : « Nous ferons en sorte qu’il y ait une règle d’or dans le système universel, où il n’y aura pas de déficit. » SNCF, RATP, Air France, DGAC, EDF, poids lourds, raffineries, enseignants, étudiants, policiers, éboueurs… Les appels se sont multipliés pour le 5 décembre, gonflés par les centrales CGT, FO, FSU, Solidaires – à l’exception notable de la CFDT –, des organisations lycéennes Fidl, MNL, UNL et étudiante Unef.