Pourquoi l’hiver météo ne correspond pas exactement à l’hiver calendaire ?

INTERVIEW Pour Météo-France l’hiver commence dès dimanche. Et d’ailleurs, les températures vont commencer à baisser (mais c’est un hasard)

Propos recueillis par Rachel Garrat-Valcarcel

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L'hiver 2018 a été rigoureux, comme à Lyon ici. Cette année cela pourrait être différent.
L'hiver 2018 a été rigoureux, comme à Lyon ici. Cette année cela pourrait être différent. — KONRAD K./SIPA
  • L’hiver commence autour du 22 décembre, mais pas à Météo-France.
  • Pour les météorologues, ça commence dès dimanche et pour trois mois. Décembre, janvier et février étant en moyenne les trois mois les plus froids.
  • D’ailleurs, les températures vont baisser dès dimanche, aussi.

Il va faire froid, à partir de ce week-end. Ce n’est pourtant pas encore l’hiver. Enfin si. Enfin, pas pour tout le monde. Si sur votre calendrier vous trouvez bien le solstice d’hiver au 22 décembre, pour les prévisionnistes de Météo France, l’hiver commence en fait le 1er décembre. Pour durer jusqu’à la fin du mois de février. Et, comme par hasard – mais vraiment comme par hasard – le froid s’invite à nouveau sur la France à partir de ce week-end. Marion Pirat, prévisionniste à Météo-France, en dit un peu plus à 20 Minutes.

Pour quelles raisons « l’hiver météo » est différent de « l’hiver calendaire » ?

L’hiver météorologique commence le 1er décembre. Pour nous, l’hiver couvre l’ensemble des mois de décembre, janvier et février. C’est un peu décalé donc sur les solstices et les équinoxes. Cela s’explique de plusieurs façons. C’est d’abord une question d’inertie, de réaction de l’atmosphère. Les jours les plus courts, avec le moins d’ensoleillement, arrivent autour du 21 ou 22 décembre. Le temps que l’atmosphère réagisse aux jours les plus courts, ça veut dire que le froid va arriver deux ou trois semaines plus tard. C’est la même chose pour l’été : le solstice arrive autour du 21 juin, le temps que l’atmosphère emmagasine la chaleur, les températures les plus chaudes arriveront mi juillet. C’est là qu’est, pour nous, le cœur de l’été.

Et puis c’est une commodité pour comparer d’une année à l’autre. C’est plus facile sur des mois entiers, sachant aussi que les solstices et les équinoxes n’ont pas lieu à la même date chaque année. Et, en l’occurrence, décembre, janvier et février sont les trois mois les plus froids de l’année.

En ce qui concerne l’hiver, l’hiver qui arrive, on a un refroidissement des températures qui arrive ce week-end et en début de semaine prochaine, mais je présume que ce n’est pas lié aux questions de calendriers de Météo-France…

C’est un pur hasard que ça tombe pile pour le mois de décembre ! C’est surtout dû à la position des dépressions et des anticyclones. A partir de dimanche et lundi, un anticyclone va se positionner sur les îles britanniques, ce qui va emmener un flux de nord à nord-est. Donc une masse d’air qui vient plutôt de Scandinavie, donc plutôt de l’air frais qui nous arrive dessus.

Entre la question de l’ensoleillement et la question des anticyclones et dépression, qu’est-ce qui fait que l’un ou l’autre a le plus d’influence sur notre météo ?

Pendant l’ensoleillement, le soleil va chauffer la terre et la terre va restituer la chaleur. Si la durée du jour est très faible, ça chauffe moins, forcément. Ce qui fait qu’on ne peut pas avoir des températures d’un mois de juillet au mois de décembre. Il n’y a tout simplement pas assez de soleil disponible, d’autant plus que le soleil arrive moins directement qu’en été, du coup ça chauffe moins efficacement. La durée du jour joue donc sur la chaleur ou le froid. Mais, dans le même temps, il y a aussi la position des dépressions et des anticyclones qui nous amènent des masses d’air différentes. Quand c’est un flux de nord, c’est plutôt des masses d’air polaires, donc très froides. En revanche, si on a un flux de sud, c’est plutôt de l’air qui vient de Maghreb, qui a eu le temps de chauffer un petit peu plus, forcément c’est de l’air plus doux. C’est la conjonction de la provenance des masses d’air et le niveau et la durée d’ensoleillement qui fixe la température.

On pourrait dire que l’ensoleillement est une sorte de coefficient ?

C’est ça ! A la fois d’où bien la masse d’air, qui arrive avec ses propres propriétés, sa propre température et est-ce qu’il y a assez de soleil pour réchauffer cette masse d’air ou pas.