TikTok : Elle fait de faux tutos maquillage pour dénoncer la situation des Ouïghours, son compte est suspendu

RÉSEAUX SOCIAUX Une ado de 17 ans estime avoir été censurée par le réseau social créé en Chine, mais les responsables de l’application démentent et assurent que cette suspension n’était pas intentionnelle

20 Minutes avec agences

— 

TikTok : Elle fait de faux tutos maquillage pour dénoncer la situation des Ouïghours, son compte est suspendu — 20 Minutes

Le réseau social chinois TikTok a admis avoir suspendu « par erreur » une vidéo virale condamnant la répression exercée par Pékin à l’encontre des musulmans du Xinjiang. Il s’est excusé auprès de l’adolescente qui l’avait posté sur les réseaux sociaux.

Feroza Aziz, qui se présente comme une Américaine de 17 ans de religion musulmane, avait diffusé une vidéo, vue à ce jour 1,6 million de fois, dans laquelle elle dénonçait le traitement des musulmans de l’ethnie ouïgoure au Xinjiang (nord-ouest), tout en feignant de donner des conseils pour se recourber les cils. TikTok l’avait alors, d’après elle, empêché de poster d’autres messages sur son compte et avait finalement retiré la vidéo, suscitant la polémique auprès des internautes.

TikTok présente ses excuses

Déjà très critiquée pour avoir supprimé des contenus sur les manifestations pro démocratie à Hong Kong et hostiles à Pékin, la plate-forme chinoise a démenti dans un premier temps avoir bloqué la vidéo, assurant qu’elle n’intervenait pas sur les contenus « pour des raisons politiques ». Elle a finalement reconnu mercredi l’avoir suspendu « par erreur » pendant 50 minutes.

« Rien dans les directives de notre plate-forme ne vise à exclure du contenu tel que cette vidéo. Elle n’aurait pas dû être supprimée », indique TikTok dans un communiqué. « Nous voudrions présenter nos excuses à l’utilisateur pour cette erreur de notre part », est-il ajouté.

L’adolescente n’en démord pas

L’adolescente, dont le compte a finalement été rétabli mercredi, a cependant peu de doutes sur la raison de cette censure. Pour elle, l’application, dont le siège de la maison mère ByteDance est en Chine, a pris cette décision à cause de sa vidéo sur les Ouïghours.

D’après des organisations de défense des droits de l’homme, plus d’un million de musulmans, en grande majorité de cette ethnie, sont détenus au Xinjiang dans des camps de rééducation politique. Pékin récuse ce chiffre et évoque des « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, en réaction à une série d’attentats sanglants attribués ces dernières années à des militants ouïghours.