Travail : Près d’un salarié sur deux a été arrêté au cours des douze derniers mois

ARRET MALADIE Les 18-34 ans représentent la moitié de ces arrêts de travail, selon cette étude

20 Minutes avec AFP

— 

Une feuille d'arrêt maladie (image d'illustration).
Une feuille d'arrêt maladie (image d'illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le chiffre est stable mais « élevé » : près d’un salarié sur deux (44 %) s’est vu prescrire au moins un arrêt de travail au cours des douze derniers mois, selon une enquête de Malakoff Médéric Humanis publiée ce jeudi. 37 % des sondés ont eu deux arrêts ou plus.

36 % des salariés arrêtés durant cette période l’ont également été l’année précédente, selon les auteurs de l’enquête, réalisée par Internet du 14 août au 3 septembre 2019 auprès de 2.000 salariés du secteur privé et 400 dirigeants d’entreprises.

Les 18-34 ans représentent la moitié des arrêts

Selon cette enquête, 49 % de ces arrêts concernent les 18-34 ans. Parmi eux, 37 % ont eu au moins deux arrêts au cours de cette période et 8 % plus de trois arrêts, une tendance particulièrement marquée dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. « Ce chiffre ne s’explique pas par un moindre engagement. Les salariés de cette tranche d’âge ont un nouveau rapport au travail et à la santé, plus pratique ; ils travaillent aisément avec le digital, de chez eux ou en nomadisme, et ont aussi peut-être l’image négative de leurs parents qui ne s’arrêtaient jamais », commente Anne-Sophie Godon, membre du cabinet.

Selon les salariés interrogés, ces arrêts sont liés à des maladies ordinaires dans 36 % des cas, à des troubles musculo-squelettiques (TMS) dans 25 % et à des troubles psychosociaux ou à un épuisement professionnel (burn-out) dans 18 % des cas.

54 % des salariés épuisés

Anne-Sophie Godon souligne cependant que « l’exposition réelle à ces facteurs de risques est beaucoup plus importante que le nombre de salariés exposés qui bénéficient d’un arrêt maladie en raison de ces mêmes facteurs ». En juin 2019, une autre étude de Malakoff-Médéric Humanis, révélait en effet que 54 % des salariés avaient le sentiment d’être épuisés par leur travail, une hausse de 4 points par rapport à 2018.

Phénomène nouveau : les prescriptions médicales sont de moins en moins respectées avec 28 % des arrêts maladie « non pris » ou seulement « partiellement ». Premiers concernés ? Les dirigeants, surreprésentés, dit Anne-Sophie Godon. « Les arrêts de quatre à dix jours sont ceux qui sont le moins pris. Entre six et 15 jours, ils le sont plus mais souvent partiellement », précise l’enquête.

La solution du télétravail

Les salariés interrogés expliquent qu’ils ne prennent pas leurs arrêts prescrits principalement parce qu’ils « ne se laissent pas aller » et que « les journées non-travaillées ne sont pas prises en charge ». Néanmoins, près de la moitié (47 %) des salariés ayant refusé au moins un arrêt de travail regrette a posteriori leur décision.

Par ailleurs, deux tiers des salariés disent avoir déjà travaillé en étant malade au cours des 12 derniers mois, selon cette enquête, et 63 % sont favorables à bénéficier du télétravail au lieu d’être en arrêt maladie, si le médecin juge cela approprié. Il en est de même pour 80 % des dirigeants.