Agriculteurs : La FNSEA « suspend le mouvement » de blocage

MOBILISATION Les agriculteurs entendaient notamment exprimer leur désarroi face aux difficultés économiques qui s’accumulent et à la défiance d’une partie des citoyens

20 Minutes avec AFP

— 

Les agriculteurs ont bloqué le périphérique parisien, le 27 novembre 2019.
Les agriculteurs ont bloqué le périphérique parisien, le 27 novembre 2019. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

A l’issue d’un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture et des conseillers de l’Elysée, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a demandé aux agriculteurs, qui ont bloqué le périphérique parisien, ce mercredi, de « suspendre le mouvement ».

« Nous suspendons et nous rencontrons le 3 (décembre) au matin, c’est-à-dire mardi matin à 9h30, Edouard Philippe et ses conseillers avec les Jeunes Agriculteurs pour refaire un point sur l’ensemble des sujets », a-t-elle déclaré. Après une journée de blocage, les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont été reçus par des représentants de l’Elysée en fin d’après-midi.

« Il y en a assez de ce dénigrement »

« Aujourd’hui, selon le comptage du ministère de l’intérieur, 1.086 tracteurs sont sur Paris. C’est un très haut chiffre, une très grosse mobilisation », a déclaré Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, dans l’après-midi. Selon leurs propres estimations, entre 800 et 900 tracteurs sont venus de six régions entourant la capitale. Ils devaient se rassembler dans la matinée sur l’avenue Foch, quartier cossu dans l’ouest de la capitale, où les forces de l’ordre les attendaient, mais ont choisi de mener des opérations escargot sur le périphérique.

Parallèlement, environ 200 agriculteurs, venus à pied ou en voiture, sont restés massés mercredi au carrefour entre les Champs-Elysées et l’avenue George V. « Je soutiens la colère des agriculteurs et cette manifestation, il y en a assez de ce dénigrement », avait assuré Didier Guillaume, mercredi matin au micro d’Europe 1. Avec cette mobilisation, qui a également touché les régions de Lyon, du Mans et de Toulouse, les agriculteurs entendent exprimer leur désarroi face aux difficultés économiques qui s’accumulent et à la défiance d’une partie des citoyens.

Les négociations entre grande distribution et agriculteurs dans le viseur

Dans le Puy-de-Dôme, une trentaine de tracteurs et environ 150 agriculteurs, selon la FNSEA, ont provoqué des ralentissements vers midi au niveau du péage de Gerzat sur l’A71, avant de déverser des déchets verts au siège de la Direction régionale de l’Agriculture et de la Forêt (Draaf) à Lempdes, a indiqué la préfecture.

La Loi dite Egalim, issue des Etats généraux de l’alimentation et mise en place en début d’année, était censée ramener du revenu dans les cours des fermes en rééquilibrant les relations commerciales, mais jusqu’ici les agriculteurs disent ne pas vraiment voir de différence. Les manifestants veulent donc mettre la pression sur la grande distribution et ses fournisseurs, alors que viennent de commencer les négociations commerciales annuelles qui fixent les prix pour un an.

« La société française dans son ensemble abandonne l’agriculture »

« Le gouvernement est évidemment extrêmement attentif à cette période délicate qui permet la fixation des prix pour l’année à venir », a indiqué la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, à l’issue du Conseil des ministres mercredi. « Il y a des conditions économiques qui deviennent insupportables pour les agriculteurs. La société française dans son ensemble abandonne l’agriculture, il faut réagir devant cela », a pour sa part déclaré Eric Woerth, président (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale sur Cnews.

La présidente du RN Marine Le Pen a également apporté son soutien aux agriculteurs dans un tweet : « Nos #agriculteurs vivent un véritable calvaire. Nous sommes, Français, tous victimes des politiques iniques menées contre eux : c’est en effet notre souveraineté et notre sécurité alimentaire qui tomberont avec eux ! Soutien à eux et à leurs familles ! MLP ».