Précarité : Les étudiants descendent dans la rue pour réclamer des mesures d’urgence

CONDITIONS DE VIE La mobilisation était particulièrement importante à Lyon, où un étudiant s’est immolé par le feu début novembre, et plus faible dans les autres villes

20 Minutes avec AFP
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Des centaines d'étudiants ont défilé contre la précarité à Lyon, le 26 novembre 2019.
Des centaines d'étudiants ont défilé contre la précarité à Lyon, le 26 novembre 2019. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Pour réclamer des mesures d’urgence face à leurs conditions de vie précaires, des centaines d’étudiants ont manifesté, ce mardi, un peu partout en France, et particulièrement à Lyon, où Anas K, un étudiant de 22 ans, s’est immolé par le feu, début novembre.

Le 8 novembre dernier, Anas K., un étudiant de 22 ans, s’est immolé par le feu devant le siège du Crous à Lyon. Dans un post sur Facebook, il liait son geste à ses difficultés financières. Le jeune homme est désormais dans un état stationnaire dans un service de grands brûlés, avec un risque important d’infections, selon ses proches.

« Stop aux précaricides »

A Lyon​, l’émotion restait vive mardi et 900 étudiants, selon la préfecture, se sont mobilisés. A Rennes, Grenoble, ou Lille, ils étaient 200, selon des journalistes présents. Et à Toulouse, seulement une quarantaine dans une manifestation non déclarée et rapidement dispersée par les forces de l’ordre. Sur les banderoles, le message était clair : « Stop aux précaricides », « Ils précarisent, On s’organise », « État coupable » ou « Ils cassent la fac, on contre-attaque ». A Lyon, le cortège a fait un arrêt symbolique devant le Crous où Anas s’est immolé. Louise Bihan, une de ses amies qui milite comme lui à Solidaires, était là pour demander à l’État « un coup de main » et « une meilleure prise en charge sanitaire et psychologique ».

Les cinq organisations étudiantes à l’origine de cette mobilisation réclament une augmentation du montant des bourses étudiantes et du nombre de bénéficiaires, l’augmentation du nombre de logements en cité universitaire ou encore le gel immédiat puis la baisse de leurs loyers. « L’échelon maximum de bourse est à seulement 450 euros, ce qui est vraiment trop peu élevé, le seuil de pauvreté est à 800 euros. La moitié des étudiants sont salariés, parallèlement à leurs études. Énormément de résidences étudiantes sont totalement insalubres, parfois envahies par des cafards ou des punaises de lit », renchérissait, à Lille, Jean-François Collec, étudiant en sciences politiques.

Les professeurs prennent la parole

Dans une tribune publiée dans Le Monde, 47 professeurs de Lyon 2 demandent au gouvernement la création d’un groupe de travail « qui proposera des mesures urgentes et ambitieuses pour que cesse la précarité étudiante ». À Rennes, avant la manifestation, une opération Resto U gratuit a permis à plusieurs centaines d’étudiants de manger sans débourser un centime. « La question de la précarité, elle est criante. Les étudiants se sentent concernés, ce sont des réalités qu’ils vivent au quotidien. A Rennes, 42 % des étudiants sont boursiers », expliquait Clément Gautier, du syndicat Solidaires étudiants.

« Il y a un réel mal-être. Nos politiques sont totalement déconnectées des réalités. Les APL qui ont été diminuées de cinq euros, mais cinq euros, c’est énorme pour nous ! », expliquait de son côté Kevin Fermine, étudiant en droit à Toulouse. Le 12 novembre, des rassemblements dans plusieurs villes de France avaient déjà réuni des centaines d’étudiants en colère. Les manifestations s’étaient alors soldées par des incidents comme des cours perturbés. A Paris, une grille d’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur avait été arrachée.