Amiante dans les écoles : 13 associations et syndicats interpellent le ministère de l’Education nationale

TOXICITE Selon un rapport des inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST), 88 % des écoles « ont été construites avant 1997, année de l’interdiction de l’amiante en France »

20 Minutes avec AFP
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Bourgoin jallieu le 17/11/2015 : Photo illustration d une affiche danger amiante/ALLILIMOURAD_748.01
Bourgoin jallieu le 17/11/2015 : Photo illustration d une affiche danger amiante/ALLILIMOURAD_748.01 — SIPA

Ils demandent un « réel plan d’action ». Des associations, des syndicats et des associations de parents d’élèves ont demandé, ce mardi, au ministre de l’Education nationale des mesures pour prévenir les risques d’exposition à l’amiante et leurs effets pour les élèves et les personnels.

Ces 13 associations et syndicats se basent notamment sur les conclusions d’une enquête des inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST), remis au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du ministère de l’Education au printemps, et qui porte sur 175 écoles publiques du premier degré visitées durant l’année scolaire 2017-2018.

« La méconnaissance du sujet au sein de l’Education nationale »

« 88 % d’entre elles ont été construites avant 1997, année de l’interdiction de l’amiante en France. Ce qui oblige normalement les collectivités territoriales propriétaires de ces bâtiments à établir un diagnostic technique amiante (DTA). Or 46 % des établissements visités ne disposent pas de DTA. Et, pour les 54 % qui en ont un, sa qualité laisse à désirer et sa mise à jour, pourtant obligatoire, est prévue par seulement 9 % des propriétaires des bâtiments », a dénoncé Cyril Verlingue, président de l’association Urgence Amiante écoles, lors d’un point presse.

« Ce rapport nous a vraiment fait l’effet d’une bombe car c’est extrêmement grave le taux de méconnaissance du sujet au sein de l’Education nationale, ça nous a frappés et cela renforce notre volonté de se mobiliser sur ce sujet », a-t-il lancé.

« Aucun parent ne veut mettre son enfant dans une école où il risque sa santé »

Face à ces « constats alarmants », ce collectif demande « un plan réel d’action » contre l’amiante dans l’Education nationale, et souhaite rencontrer Jean-Michel Blanquer​ afin de prévenir les risques d’exposition à l’amiante et leurs effets pour les élèves et les personnels. « La situation sur le terrain, c’est qu’on a par exemple des enfants de trois ans dans des dortoirs qui dorment sur des matelas sur des sols amiantés abîmés, des salles dans des collèges avec des flocages qui se désagrègent… L’amiante se répand ainsi dans l’atmosphère des établissements scolaires », a déploré Julie Olivier, de Sud Education.

Selon Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE (parents d’élèves), « c’est assez inédit d’avoir tout le monde qui "tape sur le même clou", ensemble. Toutes les personnes qui ont à voir avec l’école font cause commune car aucun parent ne veut mettre son enfant dans une école où il risque sa santé », a-t-il ajouté.