Amiens : Emmanuel Macron chahuté sur le site de Whirlpool, deux ans après sa dernière visite

RETOUR Le président était venu sur place cinq mois après son élection. Depuis, l’usine a fermé et le repreneur soutenu par l’Etat a été placé en redressement judiciaire

L.Br. avec AFP

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Emmanuel Macron en Picardie, le 21 novembre 2019.
Emmanuel Macron en Picardie, le 21 novembre 2019. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

« J’ai dit la vérité. » Le chef de l’Etat s’est défendu face aux ex-salariés de l’usine Whirlpool à Amiens. Attendu ce vendredi de pied ferme sur le site, il se défend de les avoir « laissés tomber ». Jeudi soir, les ex-salariés lui ont adressé une lettre ouverte, exigeant « des réponses » sur cette catastrophe sociale.

Emmanuel Macron s’était rendu cinq mois après son élection à Whirlpool avec un repreneur, largement aidé par l’Etat. Emmanuel Macron était également venu sur le site lors de la campagne présidentielle, dans l'entre deux tours, le même jour que Marine Le Pen. Mais cette entreprise (WN), de l’industriel picard Nicolas Decayeux, a été liquidée en août 2019, faute de débouchés commerciaux. Peu après son arrivée dans l’usine, Macron a eu un échange musclé avec les ex-Whirlpool. « Tout a été vérifié », leur a répondu Emmanuel Macron, affirmant n’avoir « aucun regret ».

« C’est nous prendre pour des cons une deuxième fois »

« J’ai dit que ça fermerait, je vous l’ai dit les yeux dans les yeux, a déclaré Emmanuel Macron. J’aurais pu vous [raconter] des salades, je ne l’ai pas fait », a désamorcé Emmanuel Macron dans un échange tendu. « Rejeter la faute sur l’Etat, c’est un peu facile », martèle-t-il. « Ce n’est pas la faute de l’Etat si le projet de reprise n’est pas allé au bout. (…) On a mené les investigations qui convenaient. On a soutenu ce projet, il a permis pendant un temps de trouver une solution. Je n’ai jamais dit "l’Etat va sauver les emplois", c’est pas l’Etat qui va embaucher. L’Etat il est là, avec les collectivités locales pour aider à former ou reformer, trouver d’autres employeurs et aider à trouver une passerelle. »

François Ruffin, le député LFI de la Somme, était présent sur les lieux, avec les salariés de Whirlpool. « Il doit il y avoir un suivi sur le terrain, le suivi ne peut pas se faire seulement via des tableurs Excel à distance. Je pense que s’il y avait eu un suivi la première année, [le gouvernement] aurait vu certaines choses qui ont été signalées par les salariés », a-t-il affirmé.

L’élu avait estimé, peu avant l’arrivée du chef de l’Etat, que « venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu’ils seront repris alors que derrière il n’y a rien, c’est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu’aujourd’hui Emmanuel Macron, comme s’il était un citoyen lambda (…) est déçu, c’est nous prendre pour des cons une deuxième fois ».