Amiens : Ex-Whirlpool et « racines picardes »… Emmanuel Macron retourne dans sa ville natale

VISITE D’importantes mesures de sécurité ont été mises en place dans le centre-ville

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel et Brigitte Macron, le 30 septembre 2019 à l'Elysée.
Emmanuel et Brigitte Macron, le 30 septembre 2019 à l'Elysée. — Bertrand GUAY / AFP

C’est sa première visite à Amiens depuis 2017, année de son élection. Emmanuel Macron se rend dans sa ville natale ce jeudi pour deux jours : il doit notamment y rencontrer les ex-salariés de l’usine Whirlpool.

La rencontre prévue vendredi matin entre Emmanuel Macron et les ex-salariés du site industriel s’annonce rude. « On va lui demander des comptes ! », ont-ils prévenu. Cinq mois après son élection, Emmanuel Macron visitait fièrement l’usine avec un repreneur, largement aidé par l’Etat, qui devait sauver une partie des emplois. Deux ans plus tard, c’est la liquidation de WN, la société choisie pour reprendre le site, désormais devenu une « usine fantôme », selon Patrice Sinoquet, représentant CFDT.

Président reconnecté

Le président, lui, va leur dire « qu’il y a un avenir si on se bat », prévient-il dans un entretien mercredi soir au Courrier Picard : « C’est moi qui ai demandé à les voir. Parce que je suis venu en campagne à un moment où ils avaient peur pour leur avenir. Je leur ai tenu un langage de vérité. (…) Et comme eux j’y croyais. Comme eux j’ai été déçu. »

Objectif affiché pour le président de la république : casser l’image de « président déconnecté » des territoires qui lui colle à la peau depuis le début de son quinquennat. Il est au contraire « très fier de ses racines picardes », affirme son entourage. Pas moins de huit ministres l’accompagneront, témoignant de la diversité de la dizaine d’étapes de cette visite marathon. Qui débutera par l’inauguration du nouveau pôle universitaire de la Citadelle, aménagé par le célèbre architecte Renzo Piano.

Son, lumière et sécurité

Le président doit aussi dialoguer avec des étudiants, sur fond de protestation dans plusieurs facs après l’acte désespéré d’un étudiant de 22 ans, qui a tenté de s’immoler par le feu à Lyon. Dans la soirée, Emmanuel Macron s’adressera aux jeunes pour lancer les festivités d'« Amiens, capitale européenne de la jeunesse 2020 ». Avec son épouse Brigitte Macron, également originaire de la ville, il ira auparavant au contact des Amiénois en assistant au son et lumière consacré au 800e anniversaire de la cathédrale, considérée comme l’une des plus belles de France.

Pour l’occasion, d’importantes mesures de sécurité ont été prises dans le centre-ville, où un appel à se rassembler a été lancé sur Facebook par un groupe de « gilets jaunes ». Emmanuel Macron sera accueilli par la maire Brigitte Fouré (UDI), qui vient de recevoir le soutien de LREM pour les municipales. François Ruffin, député apparenté LFI de la Somme, a accusé mercredi Emmanuel Macron de venir à Amiens pour « lancer la campagne » de Brigitte Fouré et de confondre « politique partisane et rôle du chef de l’Etat ».

Une conférence de presse inédite

Vendredi matin, le chef de l’Etat doit se rendre dans les quartiers populaires du nord d’Amiens pour inaugurer une maison France Services, qui regroupe plusieurs services publics comme la Poste, Pôle Emploi ou l’assurance-maladie. Enfin, Emmanuel Macron se penchera sur deux dossiers liés aux transports : l’amélioration des dessertes ferroviaires dans la Somme, avec le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, et le financement du canal Seine-Nord.

Cette « autoroute fluviale », longue de 107 kilomètres entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), doit faciliter le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne, et décharger l’autoroute A1 de 500.000 camions par an. Le chef de l’Etat devrait annoncer la finalisation de son financement, évalué à cinq milliards d’euros, pour une ouverture du canal dans une dizaine d’années.

Une conférence de presse, inédite pour un déplacement en province, clôturera cette visite qui, à la suite du grand débat, doit illustrer la volonté d'« écoute » et d'« apaisement » de l’exécutif, à l’approche de la grève redoutée du 5 décembre à la SNCF et la RATP.