VIDEO. Finistère : Un élevage porcin épinglé par L214 dans une nouvelle vidéo choc

MALTRAITANCE L’association de défense des animaux a tourné des images, commentées par Yann Arthus-Bertrand, dans un élevage breton « aux conditions d’hygiène déplorables »

Jérôme Gicquel

— 

Les images ont été tournées  en septembre dans un élevage à Dirinon dans le Finistère.
Les images ont été tournées en septembre dans un élevage à Dirinon dans le Finistère. — L214

« Le sort que nous réservons à ces animaux, c’est l’enfer sur Terre. » Les images sont commentées par Yann Arthus-Bertrand. Dans sa nouvelle vidéo choc publiée ce jeudi, l’association L214 s’en prend à un élevage porcin basé sur la commune de Dirinon dans le Finistère.

Affiliée à la coopérative Triskalia, qui fournit les marques Bigard et Socopa, « cette ferme XXL a l’autorisation d’élever 800 truies reproductrices et d’engraisser plus de 8.000 cochons à un instant T », indique l’association. Ses équipes se sont rendues sur place en septembre pour tourner des images qui témoignent de « l’état d’hygiène déplorable » de l’élevage.

Des cadavres au milieu des animaux vivants

On découvre dans la vidéo des enclos crasseux, avec de l’eau stagnante et une accumulation de déjections. Des cadavres jonchent également le sol. « Certains sont en état avancé de putréfaction, laissés dans les couloirs et même dans les enclos des cochons, au milieu des animaux vivants », dénonce l’association.

L’enquête révèle également que de nombreux cochons présentent de sérieuses blessures. « Ceux qui présentent des plaies ouvertes sont dévorés par leurs congénères au lieu d’être isolés comme l’exige la réglementation », souligne L214.

Une plainte déposée auprès du parquet de Brest

L’association pointe enfin du doigt l’utilisation de nombreux antibiotiques dans cet élevage, « dont certains classés d’importance critique par l’OMS », ainsi que la présence d’hormones de croissance comme la dexaméthasone, un produit dopant utilisé par les sportifs.

Suite à cette enquête, L214 annonce qu’elle a porté plainte auprès du procureur de la République de Brest contre l’élevage incriminé pour « mauvais traitements et sévices graves envers des animaux ».

Pas « la réalité des élevages au quotidien » selon Triskalia

Tout en dénonçant « le mode opératoire » de l’association, la coopérative Triskalia, sollicitée par l’AFP, estime que les « animaux blessés auraient clairement dû être séparés des autres dès les premiers signes et soignés dans l’infirmerie prévue à cet effet ».

Elle assure cependant que les faits dénoncés « ne reflètent en rien la réalité des élevages au quotidien ». Néanmoins, elle indique qu’elle va « procéder à toutes les vérifications nécessaires concernant cet élevage ». Triskalia compte 16.000 agriculteurs adhérents et 4.800 salariés.