Comparée à Daesh dans un édito, la SNCF attaque le magazine VSD

RIPOSTE « La SNCF utilise les salariés en France comme Daesh utilise les femmes et les enfants en boucliers humains en Syrie », a écrit le directeur de la publication de VSD

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un TER de la SNCF en gare de Lille Flandres.
Illustration d'un TER de la SNCF en gare de Lille Flandres. — M. Libert / 20 Minutes

« On ne pouvait pas rester sans réaction face à ces propos odieux ». La SNCF a annoncé ce mardi son intention d’engager une action judiciaire pour « injure » à la suite d’un éditorial dans le magazine VSD comparant les grèves dans la compagnie ferroviaire aux pratiques du groupe djihadiste Etat islamique.

« Nous intentons une action en référé sur le fondement de l’injure », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la compagnie ferroviaire.

« Ils utilisent les salariés en France comme Daesh utilise les femmes et les enfants »

Dans le dernier numéro de VSD, le directeur de la publication Georges Ghosn s’en prend aux grèves des cheminots, qui prennent selon lui « en otage les familles » et « les travailleurs ». Une sortie qui intervient alors qu'un gros mouvement social est annoncé le 5 décembre prochain.

« Ils utilisent les salariés en France comme Daesh utilise les femmes et les enfants en boucliers humains en Syrie », écrit Georges Ghosn. Cette référence au groupe djihadiste Etat islamique est reprise bien en évidence, en rouge et en capitales, dans un intertitre du magazine. La pratique y est cette fois attribuée à « la SNCF » dans son ensemble.

« L’édito accuse les syndicats et les cheminots »

Georges Ghosn a déclaré à l’AFP être « étonné » de la démarche de la directrice de la communication de la SNCF, qui fait cela « sans doute pour faire la belle auprès des syndicats avec qui la direction négocie », a-t-il lancé.

« Fondamentalement, l’édito accuse les syndicats et les cheminots [et non la société], a précisé Georges Ghosn. Ils utilisent les travailleurs et les familles pour des revendications internes, certes légitimes, ils prennent les usagers en otage. »

La CGT-Cheminots monte au créneau

La CGT-Cheminots avait appelé lundi la direction « à réagir et à engager des suites juridiques à ce dénigrement inqualifiable », dénonçant dans un communiqué « cet édito plein de profondeur et tout en mesure ».

« Le droit de grève est un droit acquis de hautes luttes par les salariés de notre pays, il n’entraîne pas la mort, il ne cherche pas la terreur. Il permet d’exprimer des revendications pour la satisfaction desquelles les salariés sacrifient une partie de leur salaire », avait ajouté le premier syndicat de la SNCF.