Les assistantes maternelles en grève face à l'obligation de s'enregistrer sur le site de la CAF

COLERE Les nounous peuvent opter pour une grève totale ou un service minimal

20 Minutes avec AFP

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Une assistante maternelle accueille des enfants (image d'illustration).
Une assistante maternelle accueille des enfants (image d'illustration). — MYCHELE DANIAU / ARCHIVES / AFP

La garde des enfants risque d’être compliquée ce mardi. Les syndicats d’assistants maternels ont appelé les quelque 318.000 « nounous » de France à faire grève pour protester contre une réforme qui les oblige désormais à se référencer sur le site de la Caisse d’allocations familiales. Un dispositif qui s’apparente selon eux à du « flicage ».

« Le gouvernement a fait le choix d’une méthode coercitive qui, sous prétexte de faciliter la mise en relation avec des parents employeurs, consiste en réalité en un véritable flicage » de l’activité des assistants maternels, ont dénoncé au début du mois le collectif des Assistants maternels en Colère/«Gilets roses » et les fédérations CGT et FO. L’objet de leur colère est un article du projet de loi de financement de la « Sécu » pour 2020, qui vise à améliorer, pour les parents, l’accès aux places de garde disponibles. Pour ce faire, les assistants maternels devront désormais se référencer sur le site monenfant.fr, et y actualiser régulièrement leurs disponibilités, sous peine de perdre leur agrément.

Grève totale ou « service minimal »

« Il faudrait que cela soit facultatif », a indiqué Emilie Ferbos, l’une des porte-parole du collectif. Selon elle, beaucoup de « nounous » sont réticentes à publier leurs coordonnées complètes, et notamment leur adresse, sur un site Web accessible à tous – par crainte notamment de subir du démarchage commercial intempestif.

En outre, les assistantes maternelles devront désormais indiquer leurs tarifs, ce qui va induire selon Emilie Ferbos une « concurrence » et un « nivellement par le bas » des rémunérations. Chaque « nounou » qui souhaiterait se joindre à ce mouvement de protestation pourra opter pour une grève totale, ou éventuellement pour un « service minimal » afin de ne pas trop pénaliser les familles, a encore précisé la porte-parole.

Au début de l’année, les « nounous » s’étaient déjà mobilisées contre un projet de réforme de l’Assurance-chômage qui leur aurait fait perdre leur système spécifique d’indemnisation. Réforme qui a finalement été abandonnée.