Féminicides : Des médecins signent une tribune pour « repérer et prévenir les violences conjugales »

VIOLENCES Les 65 signataires proposent de reconnaître le médecin  «personne ressource, premier recours de la femme victime»

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une consultation chez le médecin
Illustration d'une consultation chez le médecin — Baleydier/SIPA

Une tribune signée par 65 médecins publiée ce lundi matin par le site internet de l'Obs appelle à agir « pour repérer et prévenir les violences conjugales et sexuelles ».

La tribune rappelle que « dans une récente enquête du Centre Hubertine Auclert auprès de professionnels de santé de 11 centres médico-psychologiques, ces derniers déclarent ne jamais ou rarement recevoir des femmes victimes de violences ». « Pourtant, le docteur Marie Le Bars (praticien hospitalier, CHS Saint-Cyr-au-Mont-d’Or) établit dans sa thèse qu’un médecin généraliste reçoit en consultation, sur une moyenne de 25 patients par jour, entre 2 et 3 femmes victimes de violences conjugales. Le professeur Gilles Lazimi affirme qu’une patiente sur quatre consultant a été victime de violences au cours de la vie », souligne le texte, dont ces deux médecins sont les initiateurs.

Les médecins comme « premier recours de la femme victime »

Les signataires proposent de reconnaître le médecin comme « personne ressource, premier recours de la femme victime » et appellent les praticiens à se saisir systématiquement des outils de dépistage comme des questionnaires simples, qui existent déjà.

Ils réclament aussi l’ouverture de formations et leur financement par les ministères concernés ainsi que des dispositifs de réseaux de prise en charge coordonnée associant professionnels et associations, pour notamment assurer ces formations.

La question du « secret médical »

« Nous demandons que les médecins soient formés pour pouvoir interroger et accompagner les femmes, mais il ne s’agit en aucun cas de lever le secret médical », a précisé le docteur Gilles Lazimi, médecin généraliste, professeur associé en médecine générale à Sorbonne-Université et militant associatif membre de SOS Femmes 93 et du Collectif féministe contre le viol. « Le médecin doit accompagner la femme en respectant son choix, c’est elle qui doit porter plainte », souligne-t-il. « Lever le secret médical serait rompre le lien de confiance », ajoute-t-il.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet​, déclare dans le JDD de dimanche être « favorable » à une levée du secret médical « notamment pour résoudre les situations dans lesquelles la victime ne peut pas saisir la justice, et si c’est une possibilité offerte au médecin ». « Il est nécessaire de dépasser le secret médical. Ça fait appel à l’éthique du médecin : s’il voit qu’une femme se fait massacrer, ça me choquerait qu’il ne le dise pas », avait-elle indiqué.