Affaire Benalla : Un militaire veut livrer des informations à la justice sur un deuxième coffre-fort

LETTRE Chokri Wakrim aété accusé, début 2019, d'avoir déplacé le coffre-fort d'Alexandre Benalla, introuvable lors d'une perquisition menée au domicile de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron

Marion Pignot

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Alexandre Benalla, le 26 février 2019 à la sortie de la prison de la Santé à Paris.
Alexandre Benalla, le 26 février 2019 à la sortie de la prison de la Santé à Paris. — JACQUES DEMARTHON / AFP

L’un des protagonistes de l’affaire Benalla, le militaire Chokri Wakrim, a insisté vendredi pour être entendu dans l’enquête sur le coffre-fort de l’ex-chargé de mission de l’Elysée, assurant disposer d'« informations » sur l’existence d’un second coffre. Dans une lettre adressée au procureur de Paris Rémi Heitz, cet ancien proche d’Alexandre Benalla assure avoir sollicité à plusieurs reprises les enquêteurs en charge de l’affaire afin d’être entendu, jusqu’à présent sans succès.

« Depuis lors, j’ai contacté à plusieurs reprises » le responsable de la brigade criminelle de Paris chargé de l’enquête « afin de pouvoir être entendu sur ces faits, établir sans ambiguïté ma pleine et entière innocence », explique dans son courrier Chokri Wakrim.

« Le courrier » du sous-officier « devra être adressé au juge d’instruction »

Le sous-officier de l’armée de l’air précise vouloir également « transmettre des informations » dont il assure avoir été « témoin », « concernant l’existence d’un deuxième coffre appartenant à Monsieur Benalla, présent à l’Elysée ». « Ces fausses révélations et le refus de m’auditionner ont eu un retentissement terrible sur ma vie personnelle et professionnelle », insiste de son côté Chokri Wakrim, qui assure que l’armée cherche à l'« évincer définitivement pour protéger la raison d’Etat ».

« Le courrier » du sous-officier « devra être adressé au juge d’instruction lorsque celui-ci sera désigné », a, pour sa part, souligné dans un communiqué de presse l’avocat de Chokri Wakrim, Me Arié Alimi, s’étonnant que son client n’ait toujours pas été entendu par les enquêteurs.

Unsecond coffre évoqué par le militaire dans « Envoyé spécial »

Cette lettre survient alors que le parquet de Paris a annoncé jeudi avoir confié à un juge d’instruction le 5 novembre l’enquête ouverte en février pour déterminer s’il y a eu des dissimulations de preuves dans cette affaire du coffre-fort. Chokri Wakrim avait, lui, été accusé début 2019 dans un article de Libération d’avoir déplacé ce fameux coffre-fort, introuvable lors d’une perquisition menée au domicile de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron. Il avait alors démenti tout rôle dans cette disparition. Quant au second coffre, il avait été évoqué par le militaire dans le magazine Envoyé spécial, en juillet dernier. Il expliquait alors que ce coffre avait été vidé par un garde du corps du président de la République, à la demande d’ Alexandre Benalla.

Le sous-officier, dont l’ex-compagne a dû démissionner en février 2019 de son poste de cheffe de la sécurité de Matignon, a été mis en cause dans un autre volet de l’affaire Benalla, portant sur un contrat négocié avec un sulfureux oligarque russe. Pour cette affaire, il a fait l’objet d’une sanction disciplinaire de cinq jours d’arrêt définitif et de trois mois d’arrêt avec sursis.