Commission européenne : Les eurodéputés valident la candidature de Thierry Breton au poste de commissaire européen

INSTITUTION EUROPEENNE La candidature de Thierry Breton a été proposée par Emmanuel Macron après le rejet de celle de Sylvie Goulard

20 Minutes avec AFP

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Thierry Breton au Parlement européen, le 14 novembre 2019 à Bruxelles.
Thierry Breton au Parlement européen, le 14 novembre 2019 à Bruxelles. — JOHN THYS / AFP

Le candidat Français approuvé par les députés européens. Thierry Breton a été confirmé par le Parlement européen ce jeudi au poste de commissaire européen au marché intérieur et au numérique. Des élus ont toutefois alerté sur des risques de conflit d'intérêts. Cette approbation intervient après l’échec essuyé par la France avec la candidature de Sylvie Goulard.

« J’ai hâte de me mettre au travail pour mettre en œuvre la vision que j’ai développée devant le Parlement européen », a réagi le principal intéressé auprès de l’AFP. La présidence française a salué « une très bonne nouvelle ». La candidature de l’ancien PDG d’Atos a été approuvée par le PPE (droite), les libéraux de Renew, le groupe Socialiste et démocrates et les conservateurs d’ECR. La gauche radicale, les écologistes et l’extrême droite, minoritaires, ont eux demandé que des clarifications supplémentaires lui soient réclamées par écrit.

Un débat musclé

Lors de son audition, celui qui deviendra le premier grand patron de l’histoire de l’UE commissaire européen, s’est efforcé d’apaiser les craintes des eurodéputés. Face aux risques de conflits d’intérêts, « il n’y a qu’une seule solution, être radical. Je dis bien radical », a promis l’ancien ministre de l’Economie (2005-2007), dont le large portefeuille économique comprend plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise.

Thierry Breton a dit son intention de se récuser sur les sujets qui concerneraient directement Atos, par exemple « des contrats » qui seraient passés avec l’UE. Mais de manière plus globale, il a exclu de se dessaisir des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les supercalculateurs. « Ce serait une aberration », a-t-il tranché, répétant à plusieurs reprises qu’il serait « commissaire sur l’ensemble du portefeuille. » « Peut-être que ça ne vous ne plaira pas. Et bien vous ne voterez pas » en ma faveur, a-t-il dit au socialiste Timo Wölken.

45 millions d’euros d’actions vendus

« Votre nomination est un mélange des genres qui crée de la confusion », lui a lancé l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, soulignant qu’il existait un « parfait chevauchement » entre les activités d’Atos et son portefeuille de commissaire. Le député de la gauche radicale (GUE), Manuel Bompard, a quant à lui estimé que Thierry Breton était incapable de garantir que ses « activités passées n’influeront pas (sur ses) activités à venir ».

« Il y a un certain nombre de flux entre l’entreprise que j’ai dirigée » et ce poste à la Commission, « pas énorme du reste », a reconnu Thierry Breton. Il a rappelé aux eurodéputés qu’il avait déjà vendu la totalité de ses actions – pour un montant de 45 millions d’euros, selon les documents de l’Autorité des marchés financiers (AMF) – et démissionné des mandats qu’il exerçait dans divers conseils d’administration.

5G, 6G et intelligence artificielle

Le Français a été globalement moins attaqué sur la question des conflits d’intérêts que le premier choix d’Emmanuel Macron pour la Commission, Sylvie Goulard, écartée début octobre pour des raisons éthiques.

Thierry Breton postule pour un très vaste portefeuille comprenant la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l’espace. Sur le fond, il a jugé jeudi « urgent » de « préparer la croissance de demain en investissant » dans les technologies de l’avenir, comme la 5G, la 6G, l’intelligence artificielle, les véhicules autonomes et les batteries électriques. Il a dit comprendre « la crainte des technologies concernant leur impact social » et promis de « ne laisser jamais personne au bord du chemin ».