Séisme en France: L'Ardèche, département le plus touché, panse ses plaies

LA TERRE A TREMBLE Il s’agit d’un plus fort séisme enregistré en France depuis 2003

C.G. avec AFP

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La commune du Teil en Ardèche a été la plus touchée par le séisme qui a frappé lundi le Sud de la France.
La commune du Teil en Ardèche a été la plus touchée par le séisme qui a frappé lundi le Sud de la France. — J. Pachoud/ AFP
  • Un séisme d’une magnitude de 5,4 a frappé lundi matin le sud de la France.
  • Le département de l’Ardèche reste celui qui a été le plus touché par les dégâts matériels.
  • La présence de sites nucléaires à proximité de l’épicentre, relance la question de la sécurité.

Murs fissurés, maisons en pierre partiellement effondrées… Le département de l’Ardèche a été durement touché par le puissant séisme d’une magnitude de 5,4 qui a duré cinq secondes et frappé la zone du sud de la France ce lundi à 11h52 et dans lequel une personne a été grièvement blessée.

La petite commune du Teil, située près de l’épicentre, a été particulièrement frappée. C’est là que les dégâts matériels les plus importants ont été recensés alors que les secousses se sont fait sentir jusqu’à Lyon, Grenoble et Montpellier.

La commune du Teil dans l'Ardèche a été la plus touchée par le séisme de 5,4 qui a frappé lundi le Sud de la France.
La commune du Teil dans l'Ardèche a été la plus touchée par le séisme de 5,4 qui a frappé lundi le Sud de la France. - J. Pachoud/ AFP

Deux clochers prêts à tomber

« Mon bâtiment a été cassé à l’intérieur, à l’extérieur, il est fissuré de partout », a notamment témoigné à l’AFP Brahim, habitant du quartier des Sablons. Selon le maire de la ville Olivier Pévérelli, qui assure avoir eu « la peur de [sa] vie », deux clochers du village « sont prêts à tomber » et le dernier étage de l’hôtel de ville « est inaccessible car les plafonds sont tombés ».

Ce dernier a annoncé avoir ouvert trois gymnases pour de 400 à 500 personnes qui selon lui ne devraient pas passer la nuit chez eux.

Le maire de la commune du Teil a aouvert un gymnase pour les sinistrés après le séisme de 5,4 qui a frappé le sud de la France.
Le maire de la commune du Teil a aouvert un gymnase pour les sinistrés après le séisme de 5,4 qui a frappé le sud de la France. - J. Pachoud/ AFP

Isabelle Massebeuf, conseillère régionale (LR), a indiqué que la structure du lycée Xavier-Mallet (environ 1.000 élèves) du Teil avait « été endommagée, des poutres ont bougé et les services régionaux iront sur place demain [mardi] avec des ingénieurs pour faire un diagnostic ».

Quatre personnes ont été blessées dans ce tremblement de terre, dont trois dans un mouvement de panique. Une autre a été transportée dans un état grave à l’hôpital après qu’un échafaudage lui est tombé dessus à Montélimar, selon la préfecture de la Drôme.

Les sites nucléaires en question

Selon le collectif antinucléaire du Vaucluse, l’épicentre est situé « à moins de 20 km de la centrale nucléaire de Cruas [Ardèche], où la secousse a été ressentie dans la salle des machines des réacteurs, et à 30 km du site atomique du Tricastin [Drôme/Vaucluse] ».

Le collectif souligne que le site du Tricastin « implanté sur une faille sismique active et en contrebas du canal de Donzère-Mondragon » est « le plus menaçant site nucléaire d’Europe s’étalant sur plus de 615 ha », demandant « la mise à l’arrêt sans aucune condition des installations nucléaires ».

L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a assuré que le séisme n’avait provoqué « aucun dommage apparent » à ces sites, mais qu’EDF devait encore calculer l’impact exact du tremblement de terre. Les réacteurs ont toutefois été arrêtés à Cruas mais pas à Tricastin, aucun seuil d’alerte n’y ayant été mesuré.

Le plus fort séisme en France depuis 2003

Selon les données du BCSF, on n’a pas constaté de séisme aussi fort en France continentale depuis 2003 (dans les Vosges). En 2011, un séisme de magnitude 5,5 avait été enregistré mais son épicentre se situait en mer, à 100 km au large d’Ajaccio.

Mustapha Meghraoui, physicien à l’Institut de physique du globe de Strasbourg, a précisé que « c’est un [séisme] rare (…), un séisme important pour la région », alertant sur la possibilité d’une forte réplique. « On n’exclut pas qu’il y ait une secousse peut-être aussi forte que celle de ce matin, c’est rare mais on ne l’exclut pas, il faut qu’on soit prudent et vigilant », a-t-il prévenu.