Manifestation contre l'islamophobie avec une étoile jaune: Un «dérapage» selon l'imam de Bordeaux

SOCIETE « Grosso modo, la manifestation s’est bien déroulée », a-t-il cependant souligné en préambule, regrettant que « dans toute manifestation il y a (it) ce type d’incidents ».

20 Minutes avec AFP

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Initiée par plusieurs personnalités et organisations comme le Collectif contre l'islamophobie en France, la marche, qui a rassemblé 13.500 personnes à Paris.
Initiée par plusieurs personnalités et organisations comme le Collectif contre l'islamophobie en France, la marche, qui a rassemblé 13.500 personnes à Paris. — SIPA PRESS

L’imam de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou a qualifié lundi de « dérapage » le port d’une étoile jaune par un groupe de personnes dont une fillette dimanche lors de la marche contre l'islamophobie.

« On ne peut pas faire des comparaisons comme ça »

« Les gens qui ont arboré cette étoile jaune ne connaissent pas l’histoire des juifs en France. On ne peut pas faire des comparaisons comme ça, on n’est pas dans les années 30 », a déclaré Tareq Oubrou sur France Info. « C’est un dérapage qui ne sied pas à cette manifestation qui dénonce l’exclusion de cette manière-là », a poursuivi cet imam connu pour ses prises de position en faveur d’un islam libéral.

« Grosso modo, la manifestation s’est bien déroulée », a-t-il cependant souligné en préambule, regrettant que « dans toute manifestation il y a (it) ce type d’incidents ».

Sur une photo largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit une poignée de manifestants au côté de la sénatrice écologiste Esther Benbassa, portant sur leurs manteaux une étoile jaune, qui rappelle celle que devaient porter les juifs pendant la Seconde guerre mondiale (bien qu’elle n’ait que cinq branches et non six comme l’étoile de David). Au centre de l’étoile, le mot « muslim » et à côté, un croissant jaune.

L’image a déclenché de nombreuses réactions indignées de personnalités de la communauté juive ainsi que de politiques : « à vomir », pour Alain Jakubowicz, ancien président de la Licra, « ignoble » pour le philosophe Bernard-Henri Levy ou « comparaison indécente » pour la députée LREM Aurore Bergé.

Le Crif « choqué »

Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) s’est à son tour dit « choqué » lundi par cet « amalgame infâme ».

Il a également dénoncé « le silence coupable » des personnalités politiques présentes à la marche, « démonstration de la collusion entre l’extrême gauche et l’islamisme ».

Esther Benbassa a, pour sa part, affirmé ne pas avoir « remarqué ces insignes » et s’est défendue sur Twitter de tout antisémitisme rappelant que, en tant que « juive », elle avait « consacré sa vie à écrire l’histoire des siens ».

Initiée par plusieurs personnalités et organisations comme le Collectif contre l’islamophobie en France, la marche, qui a rassemblé 13.500 personnes à Paris, a divisé la classe politique, surtout à gauche, et suscité des critiques acerbes du gouvernement français et de l’extrême droite.