Enquêteurs, analystes, techniciens… La DGSI lance une vaste campagne de recrutement

RENSEIGNEMENT Le service de renseignement prévoit de recruter 1.200 nouveaux personnels d’ici deux à quatre ans

Thibaut Chevillard

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La DGSI connaît, depuis le début de la vague d'attentats qui a frappé la France, une hausse importante de ses effectifs
La DGSI connaît, depuis le début de la vague d'attentats qui a frappé la France, une hausse importante de ses effectifs — GERARD JULIEN / AFP
  • La DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) lance une campagne de recrutement.
  • Le service de renseignement entend recruter 1.200 personnels d’ici 2022-2024.
  • Alors que les menaces auxquelles elle fait face ne cessent d’évoluer, la DGSI recherche des profils variés : analystes, enquêteurs, linguistes…

La DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) recrute. Et elle tient à le faire savoir. Ce vendredi, cette discrète direction du ministère de l'Intérieur, qui n’a pas l’habitude de s’exprimer dans les médias, lance une campagne de recrutement. Objectif : recruter 1.200 nouveaux personnels d’ici 2022-2024. Ce qui porterait les effectifs de 4.300 à 5.500 personnels. Problème. « Nous ne sommes pas les seuls à recruter », explique son directeur, Nicolas Lerner, lors d’une rencontre avec la presse. Pour attirer des profils intéressants, la DGSI est en concurrence avec d’autres services de renseignement. Mais aussi des grandes entreprises.

Après la vague d’attentats qui a endeuillé la France en 2015, le gouvernement de François Hollande avait déjà décidé de renforcer les services de renseignement. Son successeur, Emmanuel Macron, s’est quant à lui engagé à recruter 7.500 policiers et 2.500 gendarmes au cours du quinquennat. Sur ces 10.000 effectifs supplémentaires, 1.200 sont promis à la DGSI. « Pour pourvoir les nouveaux postes ou pourvoir aux départs naturels des fonctionnaires ou agents qui quittent la direction », elle doit recruter entre 500 et 600 personnes par an, précise Nicolas Lerner.

« De la place pour tout le monde »

« La DGSI est un service actif de police nationale et a vocation à le rester. Une part significative des recrutements supplémentaires a vocation à concerner des policiers de tout corps et de tout grade », poursuit-il. Mais pour faire face aux différentes menaces qui planent sur le pays – terrorisme, attaques cyber, contre espionnage, protection des intérêts économiques – le service de renseignement souhaite diversifier « totalement » le profil des personnels qu’elle recrute, indique son directeur, précisant qu’il y a « de la place pour tout le monde ». Certes, la DGSI a toujours besoin d’enquêteurs collectant des renseignements, et d’analystes qui les exploitent.

Mais elle a aussi besoin de linguistes – « toutes les langues nous intéressent » –, de « spécialistes des relations internationales », de techniciens de tous niveaux, d’ingénieur « extrêmement spécialisé jusqu’à technicien informatique ». Des profils, reconnaît Nicolas Lerner, qui attirent d’autres services de renseignement, mais aussi des « entreprises privées ». Afin de faire face à cette concurrence, la DGSI multiplie les initiatives pour mieux faire connaître les missions remplies par ses agents : modernisation de son site Internet, création d’une page Linkedin, partenariat avec des écoles des universités ou Pôle emploi, vidéo de présentation…

Des contrôles approfondis

Le candidat recherché est « bien dans sa tête, bien dans ses baskets », « motivé, dynamique », et a « envie de servir son pays », souligne le patron de la DGSI, qui ne veut surtout pas de candidats voulant jouer à James Bond.

Le service de renseignement redoutant d’être infiltré par un agent travaillant pour une puissance étrangère ou qui serait « animé d’intentions malveillantes », le dossier de chaque candidat est minutieusement étudié et une enquête approfondie sur ses proches réalisée. « On ne lâchera rien sur les standards. C'est une ligne rouge. On préférera ne pas recruter », assure Nicolas Lerner. L’ensemble des personnels de la DGSI étant habilité « secret-défense », ils font aussi l’objet de contrôles drastiques tout au long de leur carrière.