Nantes : Le concours blanc, déjà un « gros coup de stress décisif » pour les étudiants en médecine

UNIVERSITE Les étudiants en première année commune aux études de santé (Paces) de Nantes passent leur premier concours blanc, ces vendredi et samedi. 

Julie Urbach

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Les étudiants en Paces de Nantes passent leur concours blanc, le 8 novembre 2019
Les étudiants en Paces de Nantes passent leur concours blanc, le 8 novembre 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le concours blanc de la Paces, qui se déroule dans les mêmes conditions que l'examen de décembre, a lieu ces vendredi et samedi à Nantes.
  • Un moment d'angoisse qui permet de se tester après deux mois de cours et de révisions, décrits comme très intenses.

L’une relit quelques formules, qu’elle a carrément mises en fond d’écran de son téléphone. L’autre tourne les pages de son petit classeur de fiches, qui « ne quitte plus » son sac à main. Ce vendredi après-midi, la pression monte pour ces deux étudiantes en médecine et les 1.526 autres inscrits en Paces à l' université de Nantes. Jusqu’à ce vendredi soir et encore samedi matin, ils plancheront sur leur premier concours blanc de l’année, organisé par les 171 étudiants du Tutorat santé, comme cela se passe dans la plupart des universités. Et même si les notes ne comptent pas, l’enjeu est de taille. « C’est un gros coup de stress, une étape décisive, assure Lise, 18 ans, qui patiente devant l’amphi. Selon le résultat, ça peut tout remettre en question : est-ce que je continue, est-ce que j’arrête… C’est toute mon orientation qui est en jeu. »

Si l’étudiante prend la chose si au sérieux, c’est que l’épreuve se déroule dans les conditions identiques au véritable concours, prévu mi-décembre. Sept épreuves d’une heure, des centaines de questions à choix multiples, et l’occasion (les résultats seront connus dans dix jours) d’évaluer son niveau général par rapport au reste de la promo. « Même si on est mal classé, il faut essayer de prendre du recul et de continuer. C’est difficile, mais il est toujours possible de se rattraper, veut rassurer Juliette Quemeneur, étudiante en 3e année de médecine et coordinatrice du Tutorat santé. L’association, soutenue par l’université, propose un soutien tout au long de l’année, quasiment gratuitement. « L’objectif est de se rendre compte où l’on en est, de faire le point sur ses révisions à planifier », continue Juliette Quemeneur. Pour autant, les 10 % les moins bien classés (au vrai concours) devront se réorienter au deuxième semestre.

« J’ai l’impression que j’ai tout oublié »

Maewen, 18 ans, se prépare déjà à l’éventualité de devoir « encore donner plus » dans les prochaines semaines. Pourtant, depuis deux mois, la jeune femme s’est lancée dans un « rythme de travail très intensif ». « La pression est super intense, mais il y a tellement de boulot que l’on ne s’en rend plus compte. J’adore ce que j’apprends mais mon corps me rappelle à l’ordre parfois : quand j’ai de grosses migraines, voire des courbatures, c’est que j’en fais trop. » Pour se préparer au concours blanc, Mona, elle, raconte s’être entraînée tous les jours pendant sa semaine de révision, « de 8 heures à 22h30 avec quand même une heure pour manger ». « J’ai mal au ventre depuis ce matin. J’ai l’impression que j’ai tout oublié », angoisse l’étudiante, à dix minutes du début des épreuves.

Car à la fac de santé de Nantes comme ailleurs, les places sont chères : 223 en médecine, 39 en dentaire, 102 en pharmacie… Et si les étudiants ont la tête dans le guidon depuis la rentrée, l’annonce encore très floue de la réforme des études de médecine (plusieurs parcours, nouveaux modes d’évaluation, quotas fixés localement…) ne les rassure pas vraiment. « Il vaut mieux ne pas redoubler car on ne sait pas du tout comment le concours va se passer l’an prochain, estime Maewen. Supprimer le numerus clausus, c’est une bonne idée car ce système est injuste, mais comment va se passer la sélection ? Il faudrait peut-être fixer une note à atteindre, au-dessus de laquelle tout le monde serait admis. »