Soins des demandeurs d’asile : L’Assemblée vote un délai de trois mois de carence, hors soins d’urgence

AIDE MEDICALE Les étrangers arrivés avec un visa touristique devront eux attendre trois mois après l’expiration de leur visa pour accéder à l’Aide médicale d’Etat

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration de l'Assemblée nationale.
Image d'illustration de l'Assemblée nationale. — SIPA

Les demandeurs d’asile devront attendre trois mois pour avoir accès à une couverture santé de base (PUMa). A l’Assemblée nationale, les députés ont voté ce jeudi  la mise en place de ce délai de carence, hors soins urgents.

Sont exclus de cette mesure les soins « hospitaliers vitaux, maladies infectieuses, les soins délivrés aux femmes enceintes et nouveaux nés, et le délai de carence n’est pas applicable aux mineurs », a souligné la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « Je rappelle qu’aujourd’hui les demandeurs d’asile bénéficient de règles dérogatoires plus favorables que d’autres assurés et que le délai de carence existe pour les Français et les ressortissants étrangers en situation régulière n’exerçant pas d’activité professionnelle », a-t-elle ajouté.

L’AME voit son enveloppe fondre de 15 millions

Les députés se sont prononcés par 50 voix contre 14 en faveur de cet amendement du gouvernement au budget Santé 2020. Trois députés LREM ont voté contre et cinq se sont abstenus. Ce vote a eu lieu au lendemain des annonces d’Edouard Philippe sur l’immigration.

Sur l’aide médicale d’Etat (AME), destinée aux personnes en situation irrégulière, les députés ont voté la mise en place d’un accord « préalable » de la Sécurité sociale pour « certains soins » comme « la chirurgie de la cataracte, les prothèses de genou ou de hanche et certains actes de kinésithérapies », a indiqué Agnès Buzyn.

Les étrangers arrivés avec un visa touristique devront eux attendre trois mois après l’expiration de leur visa pour accéder à l’AME, afin d’éviter d’éventuels abus et les « suspicions de migrations pour soins » relevées par un récent rapport des inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF). Ces mesures conduisent à une baisse de 15 millions d’euros de l’enveloppe accordée à l’AME, ramenant ses crédits à 919 millions d’euros.

Des marcheurs prennent leurs distances

Une dizaine de « marcheurs » de l’aile gauche, sur un groupe de 304 élus, avaient pris leurs distances avec ces dispositions dans une tribune diffusée dans la matinée. A gauche, socialistes, insoumis et communistes ont accusé le gouvernement de « courir après l’extrême droite », avec des mesures « criminelles » selon Alexis Corbière (LFI).

Chez LR, Véronique Louwagie a jugé les propositions « largement insuffisantes » en réclamant de « recentrer » l’AME sur les soins urgents. Au RN, Marine Le Pen a proposé de la « supprimer » et dénoncé une « mesure dérisoire » et « une pièce de théâtre » entre le gouvernement et la gauche.