Marche contre l’islamophobie : Les organisateurs dénoncent un « sabotage » de la gauche

MOBILISATION Des responsables politiques critiquent le contenu du texte appelant à manifester dimanche à Paris

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants rassemblés à Lyon, le 26 octobre 2019.
Des manifestants rassemblés à Lyon, le 26 octobre 2019. — KONRAD K./SIPA

Les organisateurs de la marche contre l'islamophobie prévue dimanche à Paris ont dénoncé ce jeudi un « sabotage » venu notamment de la gauche, qui se divise sur l’opportunité de se joindre à la mobilisation.

« Il y a une tentative de sabotage de la part de la fachosphère et de la gauche, on en prend note : les polémiques du RN sont reprises par le PS », a déclaré lors d’une conférence de presse Madjid Messaoudene, conseiller municipal de gauche à Saint-Denis et initiateur de l’appel à la mobilisation paru dans Libération.

Des mots qui ne mettent pas tout le monde d’accord

Cette tribune, publiée le 1er novembre sur fond de polémique sur le voile, appelle à manifester dimanche pour « dire stop à l’islamophobie » et a été signée par une cinquantaine de personnalités de gauche. Depuis, plusieurs d’entre elles ont toutefois pris leurs distances avec cet appel, en raison de l’emploi de certains termes («lois liberticides », « islamophobie ») et de la présence parmi ses initiateurs du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), accusé de liens avec les Frères musulmans.

Signataires du texte, Yannick Jadot (EELV), François Ruffin ou Fabien Roussel (PCF) ont ainsi finalement fait savoir qu’ils renonçaient à défiler dimanche. Présente à la conférence de presse, la sénatrice EELV Esther Benbassa a, elle, expliqué qu’elle serait présente dimanche sans pour autant « adhérer à tout le texte et à tous les signataires ». Dans la matinée, Jean-Luc Mélenchon, le patron des députés LFI, s’était justifié d’avoir signé « le texte pour ce qu’il y a dans le texte », sans préciser s’il se rendrait à la manifestation.

10.000 personnes attendues

Pour les organisateurs, dont Marwan Muhammad, cofondateur de la plateforme L.E.S Musulmans, « le traitement politique et médiatique [autour de cette tribune] est la démonstration même de l’utilité de cette marche ». « L’islamophobie n’est pas qu’une question musulmane mais cela concerne toute la société et le pacte démocratique », a ajouté Mariem Sabil, responsable juridique du CCIF, également présente à la conférence de presse.

Les organisateurs espèrent réunir 10.000 personnes dimanche et assurent que cette marche n’est qu'« une étape ». Parmi les signataires de l’appel figurent également le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le secrétaire national d’EELV David Cormand ou encore le fondateur de Génération-s Benoît Hamon.