Incendie de l’usine Lubrizol : Le CHU de Rouen refuse une expertise réclamée par le CHSCT

ENQUETE Le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du CHU de Rouen a réclamé une expertise sur les risques pour la santé de ses agents après l’incendie

20 Minutes avec AFP

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Le CHU de Rouen, le 6 août 2016 (Illustration).
Le CHU de Rouen, le 6 août 2016 (Illustration). — MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

La mission d’expertise sur les risques pour la santé des agents du Centre hospitalier (CHU) de Rouen, à la suite de l’incendie de l'usine Lubrizol, a été refusée par la direction de l’établissement, ont annoncé des sources concordantes, ce mercredi.

« Le CHU de Rouen a contesté devant le tribunal de grande instance de Rouen une expertise mandatée par le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du CHU, suite à l’accident industriel Lubrizol », a indiqué Rémi Heym, directeur de la communication du CHU de Rouen. « Prévue initialement jeudi à 9 heures, l’audience a été reportée à notre demande, pour nous laisser le temps de préparer nos arguments », a-t-il ajouté.

Des « risques éventuels » de dégradation « de la santé physique et mentale des personnels »

« L’utilité réelle et la pertinence d’une telle expertise, dont le coût dépasserait plusieurs dizaines de milliers d’euros à la charge du CHU, restent à démontrer, au regard de tous les éléments rendus publics, en termes de risques actuels et identifiés pour la population rouennaise et donc, parmi celle-ci, pour les personnels concernés du CHU », a expliqué Rémi Heym.

Selon un communiqué de la CGT du CHU, l’enquête demandée par le CHSCT vise à « déterminer l’existence et la nature des facteurs de risques éventuels de la dégradation de la santé physique et mentale des personnels, liés à l’incendie de Lubrizol (…) ».

« Un suivi sanitaire spécifique » mis en œuvre après l’incendie

« Les membres du CHSCT ont constaté que plusieurs agents étaient atteints de troubles physiques (maux de tête, nausées et/ou étourdissement). Ils s’inquiètent aussi des risques différés pour la santé des agents, compte tenu de la présence de plusieurs produits cancérogène dans le nuage et ses retombés​ », selon la CGT.

D’après Rémi Heym, « un suivi sanitaire spécifique » a été mis en œuvre auprès des personnels du Samu-SMUR qui étaient présents à proximité immédiate du site de l’incendie du 26 septembre. Le CHU de Rouen emploie 10.300 agents, selon les chiffres de la direction.