Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Le feu n’est pas « parti de chez nous », répète Normandie Logistique

ENQUETE Le feu, qui s’est déclaré le 26 septembre dernier à Rouen, a brûlé 5.253 tonnes de produits chimiques sur le site de Lubrizol et 4.252 tonnes sur le site de Normandie Logistique

20 Minutes avec AFP

— 

Les locaux de l'entreprise Normandie Logistique, le 23 octobre 2019.
Les locaux de l'entreprise Normandie Logistique, le 23 octobre 2019. — Robin Letellier/SIPA

Ils en ont la « conviction ». Les dirigeants de Normandie Logistique se défendent, assurant à nouveau que  l’incendie du site voisin de Lubrizol, le 26 septembre dernier, ne s’est pas déclaré dans leur entreprise.

Le site d’entreposage n’abritait « pas de produits inflammables » et « tout était en ordre », a détaillé Christian Boulocher, directeur général de Normandie Logistique, devant la mission d’information de l’Assemblée nationale. « On a une conviction : ça ne peut pas être parti de chez nous, du fait de notre activité », a-t-il poursuivi.

« Quelque chose de violent »

L’origine de l’incendie et son point de départ n’ont pu encore être déterminés, et l’enquête est toujours en cours. Le PDG du groupe chimique américain Lubrizol Corporation, Éric Schnur, a également estimé que le feu n’était pas parti de son usine de Rouen. « La probabilité est beaucoup plus forte que ça ait démarré chez eux et pas chez nous », a considéré Sylvain Schmitt, président de Normandie Logistique. « Mais comme la scène est ravagée, ça sera très compliqué » à démontrer, a-t-il estimé.

L’alarme incendie chez Normandie Logistique s’est déclenchée seulement quelques secondes après l’alarme des fumées, ce qui implique « quelque chose de violent » et « incompatible avec ce que l’on stocke chez nous », a assuré Sylvain Schmitt. Normandie Logistique était sur le point de céder son site de Rouen à Lubrizol dont elle hébergeait une partie des stocks. « Nous devions nous revoir en octobre pour finaliser l’acquisition », a expliqué Sylvain Schmitt. « Lubrizol souhaitait avoir une extension pour des produits dangereux qui auraient été stockés sur nos terrains en cas d’acquisition », a-t-il détaillé.

Une prévention « insuffisante »

L’entrepôt de Normandie Logistique ne stockait pas de produits dangereux, contrairement à Lubrizol classée Seveso seuil haut, mais « des produits qui rentraient dans notre classification », a rappelé Sylvain Schmitt. Les dirigeants de Normandie Logistique ont également critiqué le rôle de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal), chargée de vérifier la conformité des établissements industriels.

Avant l’incendie « Personne ne nous a dit : "il y a des éléments sur lesquels vous devriez porter attention" », a assuré Christian Boulocher, considérant que le rôle « de police et de conseil » de la Dreal a été « insuffisant ». Au total, lors de l’incendie ont brûlé 5.253 tonnes de produits chimiques sur le site de Lubrizol et 4.252 tonnes de produits sur le site de Normandie Logistique (parmi lesquels 1.691 tonnes de produits Lubrizol).