Contre le harcèlement, Laurent Wauquiez va déployer des caméras dans les bus scolaires

HARCELEMENT SCOLAIRE La région Auvergne Rhône-Alpes, qui dévoile ce mercredi les résultats d'une enquête sur le harcèlement scolaire dans les transports, va équiper une partie des bus dès la prochaine rentrée

Elisa Frisullo
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Des collégiens. (Illustration)
Des collégiens. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • La région Auvergne Rhône-Alpes a dévoilé ce mercredi les résultats d’une enquête sur le harcèlement scolaire dans les transports fréquentés par les collégiens, lycéens et étudiants de BTS.
  • Un jeune sur cinq interrogé dit avoir subi dans les cars scolaires des intimidations ou violences physiques.
  • Pour lutter contre ce phénomène, Laurent Wauquiez a décidé d’équiper une partie des cars scolaires de caméras de vidéosurveillance.

Des intimidations ou agressions physiques qui ne s’arrêtent pas aux portes des établissements scolaires. A L’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée jeudi, la région Auvergne Rhône-Alpes a dévoilé les résultats d’une enquête consacrée à ce phénomène de violence dans les transports.

Pendant un an, 840 collégiens, lycéens et étudiants de BTS fréquentant dix lignes régulières de transport scolaire en Ardèche, Savoie, Haute-Savoie et dans la Drôme ont été interrogés dans le cadre de cette étude confiée à Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette. Pionniers de la lutte contre le harcèlement en France, ces deux hommes ont fondé en 2006 la première base de ressources documentaires francophones sur le sujet, harcelement-entre-eleves.com, et ont créé un an plus tard l’APHEE (Association pour la Prévention du Harcèlement Entre Elèves), rappelle la région.

Un jeune sondé sur cinq se dit victime

Les résultats de l’enquête sont éloquents et inquiétants. Un élève sur cinq interrogé a indiqué avoir déjà été victime d’intimidation ou de violences dans les transports scolaires. « Les intimidations psychologiques sont deux à trois fois plus fréquentes que les atteintes physiques aux personnes ou aux biens», précise la région ce mercredi. 80 % des victimes d’intimidations ou de violences seraient en mesure d’identifier leurs agresseurs, «identification d’autant plus aisée, souligne l’enquête, que ces derniers fréquentent le même établissement, voire la même classe, que les victimes». Dans la majorité des cas, en effet, les faits subis dans les cars ont lieu également au sein des établissements scolaires fréquentés par les victimes.

Face à leurs bourreaux, la plupart des élèves maltraités se taisent. « À peine une victime sur 10 signale ses problèmes à un responsable des transports, un sur trois en parle à sa famille, 35 % s’enferment dans le silence et quasiment personne n’évoque le problème avec des personnels de l’établissement scolaire. L’école est donc la grande oubliée des signalements », constatent les deux spécialistes.

Des cars équipés dès 2020

Face à ce nouvel éclairage sur le harcèlement scolaire, le président LR de la région Laurent Wauquiez va déployer dès début 2020 des caméras de vidéosurveillance dans une partie des transports scolaires, dont sa collectivité est en charge. «Entre 60 et 80 cars seront équipés dans un premier temps sur les lignes identifiées comme les plus à risque», glisse-t-on dans l’entourage de Laurent Wauquiez, sans préciser les secteurs concernés pour ne pas stigmatiser ou susciter des craintes chez les jeunes usagers ou leurs familles. Selon la région, 250.000 euros seront investis dans ces équipements.

Par ailleurs, Auvergne Rhône-Alpes a prévu d’attribuer 100.000 euros d’aides à des initiatives locales dans le cadre de l’appel à projets Stop Harcèlement. Il s’agit ici de financer des initiatives portées par des élèves pour sensibiliser chacun à la question du harcèlement (jeunes, familles, personnels). Et permettre ainsi de libérer la parole des victimes puisque, dans la grande majorité des cas, elles connaissent leur agresseur.