Lyon : Après l'interpellation de quatre militantes, une nouvelle action choc pour dénoncer les féminicides prévue samedi

MOBILISATION Le collectif de collage contre les féminicides a prévu de se réunir place Bellecour pour rendre hommage aux 129 femmes décédées cette année sous les coups de leur conjoint

Caroline Girardon

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Le collectif de Lyon de collage contre les féminicides prévoit une action choc samedi 9 novembre place Bellecour.
Le collectif de Lyon de collage contre les féminicides prévoit une action choc samedi 9 novembre place Bellecour. — Konrad/ Sipa
  • Le collectif de collage de Lyon contre les féminicides organisera samedi après-midi une opération choc place Bellecour.
  • La mobilisation continue malgré l’interpellation de quatre étudiantes.
  • Elles ont été arrêtées dimanche soir après avoir collé des affiches sur les vitres du palais de justice.

Quatre étudiantes ont été interpellées dimanche soir à Lyon pour « affichage sauvage sur un bâtiment public » et « dégradation volontaire sur un bâtiment public ». Entendues en audition libre, elles seront à nouveau convoquées mercredi matin, cette fois au commissariat des 3ème et 6ème arrondissements. Toutes ont été arrêtées la nuit tombée alors qu’elles collaient sur les vitres du palais de justice des affiches dénonçant les féminicides en France. Parmi elle, Camille Roux, 21 ans, qui a suivi des études en négociations commerciales.

« Nous ne voulons plus compter nos mortes. Depuis le 1er janvier 2019, elles sont 129 à être décédées sous les coups de leurs compagnons, explique la jeune femme. Cette action était avant tout symbolique pour interpeller le gouvernement et parce que la justice ne fait pas son travail. Un tiers des victimes avait porté plainte. »

Hommage aux victimes

L’arrestation ne les décourage pas pour autant. Samedi, le collectif de Lyon de collage contre les féminicides, qui recense désormais 220 jeunes femmes, mènera une opération « choc » à 15 heures. Cent vingt-neuf militantes, vêtues de blanc et couvertes symboliquement de sang, ont prévu de s’aligner et de porter chacun le prénom d’une défunte.

Ni « militante », ni « activiste », Camille Roux a décidé de s’engager pour faire bouger les choses. Munie d’un pinceau, d’un seau de colle ou d’une pancarte à la main, elle est désormais de toutes les opérations. « Sans parler de violences conjugales, on a toute du faire face au moins une fois de la violence de rue, étaie-t-elle. Ces affiches ou ces manifestations, c’est aussi une façon d’adresser un message aux victimes, pour les soutenir et les inciter à parler. Il faut qu’elles sachent qu’on est là. »

Le mouvement réclame le déblocage d’un milliard d’euros pour sauver ces femmes qui meurent tous les deux jours, sous les coups de leurs conjoints. « Quand on voit les associations, qui demandent de l’argent et qui n’obtiennent rien, on se dit que le gouvernement ne fait rien, à part de la communication. Quant au système judiciaire, on peut se poser des questions. La plupart des hommes qui ont tué leurs compagnes avaient déjà été condamnés pour des violences. Soit la sanction n’a pas été à la hauteur, soit le suivi à la sortie de prison n’a pas été suffisant », conclut la jeune femme, déterminée à poursuivre le combat.