Marseille : Les hôteliers marseillais réclament un meilleur encadrement des locations meublées

AIRBNB L’union des métiers et des industries de l’hôtellerie presse la mairie de Marseille de mettre en place un numéro d’enregistrement pour les locations de meublé, une obligation depuis 2016

Adrien Max

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Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial.
Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial. — J.MacDougall/AFP
  • L’union des métiers et des industries de l’hôtellerie presse la mairie de Marseille de mettre en place un numéro d’enregistrement pour les locations de meublé, une obligation depuis 2016.
  • Conséquence, la ville de Marseille compte 18.000 locations de meublé pour 9.000 chambres d’hôtel.

Ils accusent la mairie de Marseille de ne pas respecter la loi. L’union des métiers et des industries de l' hôtellerie se réunit ce mercredi pour presser la ville de Marseille de mettre en place un numéro d’enregistrement pour les locations d’appartements meublés, du type Airbnb.

« Pour être en accord avec la loi, la ville doit changer l’usage de tel ou tel quartier ou de telle ou telle rue en autorisant la location de meublés. La ville de Marseille procède actuellement à ces changements d’usage. Mais la municipalité doit également mettre en place un numéro d’enregistrement pour chaque location meublée, ce qu’elle n’a toujours pas fait alors que c’est obligatoire depuis 2016 », explique Nicolas Guyot, président des hôteliers des Bouches-du-Rhône.

9.000 chambres d’hôtel pour 18.000 appartement meublés

Un appartement meublé peut être loué 120 nuitées par an, le numéro d’enregistrement permet de s’assurer du respect de cette durée. « Sans numéro d’enregistrement, une personne va pouvoir louer son appartement 120 nuits sur Airbnb, puis 120 nuits sur Booking, donc deux fois plus que ce que la loi autorise », dénonce le président des hôteliers.

Résultat, la ville de Marseille compte 9.000 chambres d’hôtels pour 18.000 appartements meublés, soit le double, selon les chiffres de l’UMIH. « Nous ne voulons pas de la mort de ces locations, nous n’y parviendrions pas de toute façon. Et ces locations nous offrent une certaine élasticité. Nous demandons la mise en place de ce numéro pour d’avantage d’adaptation au marché. Lors des périodes pleines, nous sommes souvent complets, la complémentarité avec ces locations est bénéfique. Mais ce n’est pas tenable lors des périodes plus creuses, nous avons besoin de régulation », réclame Nicolas Guyot. La mise en place du numéro d’enregistrement favoriserait les locations lors des périodes fortes, pour les réduire en période plus calme.

Un tiers des locations pourrait disparaître

« Et bien souvent ce sont des particuliers qui se substituent à des professionnels en possédant plusieurs appartements qu’ils louent ainsi », regrette-t-il. Un phénomène qui se serait développé plus que dans les autres villes de France, du fait de l’absence de ce numéro d’enregistrement. « Cela a tendance à faire augmenter les loyers et nous avons de plus en plus de mal à trouver des locations saisonnières pour nos employés. C’est compliqué, c’est un système qui pèse vraiment sur les professionnels », relate Nicolas Guyot, qui estime qu’un tiers des locations pourrait disparaître avec ce numéro d’enregistrement.

L’UMIH a rencontré à plusieurs reprises la mairie de Marseille, sans obtenir la mise en place de ce numéro pour le moment. « On nous a expliqué qu’il n’y avait pas le personnel pour, qu’ils étaient mobilisés pour la rue d’Aubagne, qu’il fallait leur laisser le temps. Sauf qu’après trois ans, rien n’a été mis en place », regrette Nicolas Guyot.

Contactée mardi, la mairie de Marseille n'a pas été en mesure de nous donner des éléments sur ce sujet.