Inégalités salariales : A partir de ce mardi 16h47, les femmes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année

#5NOVEMBRE16H47 Le mouvement féministe des Glorieuses lance ce mardi #5Novembre16h47, date symbolique à laquelle les Françaises vont travailler gratuitement, un appel contre les inégalités salariales

S.A.

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(Illustration) Le 7 novembre 2016, des femmes ont manifesté contre les inégalités salariales entre les hommes et les femmes à Paris.
(Illustration) Le 7 novembre 2016, des femmes ont manifesté contre les inégalités salariales entre les hommes et les femmes à Paris. — CLOTHILDE LENGLINE/SIPA

Il n’est pas question de rupture conventionnelle ou de fin de contrat. Ce mardi 5 novembre à 16h47 précises, les Françaises travaillent bénévolement, et ce jusqu’au 31 décembre prochain, en raison des différences salariales avec leurs homologues masculins (sur le salaire​ horaire brut moyen).

Pourquoi cette date précise et symbolique ? Selon les chiffres d’l’Eurostat [l’Insee à l’européenne], les salaires des femmes restent inférieurs de 15,4 % à ceux des hommes (temps complet et temps partiel inclus) en 2017, dans tous les secteurs confondus, sans compter les primes et autres « variables ». La moyenne européenne est de 16 % et l’écart salarial s’élève chez nos voisins à 3,5 % en Roumanie, 5 % au Luxembourg, 21 % en Allemagne, et 25,6 % en Estonie. La Journée européenne de l’égalité salariale est par ailleurs fixée le 4 novembre.

Pour sensibiliser les Français à cette injustice salariale, le mouvement Les Glorieuses, fondé par l’économiste et militante féministe Rebecca Amsellem, a ramené ce pourcentage au nombre de jours ouvrés dans l’année et obtenu la date du 5 novembre 2019 à 16h47.

Certificat d’égalité salariale, transparence sur la rémunération

Au-delà de cette date forte, Les Glorieuses militent depuis 2016 pour l’instauration de trois mesures en faveur de l’égalité salariale. Tout d’abord, la création d’un certificat d’égalité salariale, à l’instar de l’Islande, prouvant qu’une entreprise rémunère aussi bien ses employées que ses employés, à poste et responsabilités égales. Ce document, valable trois ans, donne accès au patron à des avantages fiscaux et le dispense de payer une amende. Ensuite, le mouvement plaide pour une transparence totale en matière de rémunérations dans chaque compagnie.

Le cheval de bataille ultime reste la maternité. Aujourd’hui, les femmes s’arrêtent plus longtemps que les hommes avant et après une naissance. Les Glorieuses demandent ainsi l’allongement du congé paternité (onze jours actuellement) au niveau du congé maternité postaccouchement (sept semaines). En Islande, pays pionnier sur ces questions, papas et mamans ont droit à un congé de trois mois rémunéré à 80 % du salaire, puis à trois mois supplémentaires à se partager.

Grande cause de la nation

En France, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a déclaré vouloir améliorer et allonger la durée de cette pause postnatale pour les pères mais sans forcément la rendre obligatoire, et de son côté, l’Igas, l’inspection des affaires sociales, planche sur la question.

L’autre mesure phare du gouvernement est la tenue d’un index de l’égalité femmes-hommes dans les entreprises de plus de 250 salariés depuis cette année, dans le cadre de la loi Pacte votée en avril. Les mauvais payeurs seront sanctionnés d’une amende et d’une mauvaise publicité. Cet outil visant à mesurer les inégalités salariales a d’ailleurs permis de tirer plusieurs constats comme le fait que seules 6 % des entreprises françaises versent des salaires égaux à leurs employés.

L’égalité femmes-hommes a été érigée en grande cause du quinquennat par Emmanuel Macron.