Chanteloup-les-Vignes : Philippe fustige des « irresponsables », la droite l’accuse de minimiser des « actes criminels »

VIOLENCES L’opposition de droite et d’extrême droite a immédiatement accusé le Premier ministre de « déni » et « banalisation » face à des « actes criminels »

20 Minutes avec AFP

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L'école de cirque après l'incendie en marge des violences à Chanteloup-les-Vignes, le 3 novembre 2019.
L'école de cirque après l'incendie en marge des violences à Chanteloup-les-Vignes, le 3 novembre 2019. — AFP

Edouard Philippe a fustigé lundi la « petite bande d’imbéciles et d’irresponsables » après les violences urbaines à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), et essuie depuis les critiques de la droite et des policiers l’accusant de minorer des actes « criminels ».

Les ministres de l’Intérieur Christophe Castaner, de la Justice, Nicole Belloubet et de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, ont annoncé lundi qu’ils se rendraient sur les lieux mardi matin pour rencontrer policiers et pompiers, en première ligne lors des violences et l’incendie d’une école de cirque.

« Nous déplorons évidemment ces actes imbéciles et violents (…) Je crois qu’en vérité il s’agit d’une petite bande d’imbéciles et d’irresponsables qui pensent que tout casser est une façon de faire avancer les choses », a dénoncé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis. « Nous sommes parfaitement conscients de ce que lorsque nous bousculons les trafics de stupéfiants, cela crée des tensions (…). Mais nous sommes déterminés à faire en sorte que ce trafic puisse cesser et à faire en sorte que l’ordre puisse être respecté et rétabli », a-t-il ajouté.

« Des criminels qui veulent affaiblir la République »

L’émotion était toujours vive lundi à Chanteloup-les-Vignes, ville située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Paris, où les forces de l’ordre, prises à partie par « une trentaine de jeunes », ont essuyé des jets de projectiles ou des tirs de mortiers d’artifice samedi jusqu’à 23h. Un incendie a dévasté l’école de cirque, bâtiment culturel emblématique de la ville. Deux individus, dont un mineur, étaient toujours en garde à vue lundi et devaient être présentés « dans la soirée » à un juge d’instruction. Le parquet va requérir leur placement en détention provisoire.

L’opposition de droite et d’extrême droite a immédiatement accusé Edouard Philippe de « déni » et « banalisation » face à des « actes criminels », a résumé le député LR Eric Ciotti. « Les incendiaires de Chanteloup-les-Vignes ne sont pas des imbéciles et des irresponsables comme le dit Edouard Philippe. Ce sont des criminels qui veulent affaiblir la République », a affirmé le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, dans un tweet.

« Organiser le retour de l’Etat dans nos quartiers populaires »

Le nouveau numéro 2 de LR, Guillaume Peltier, a plaidé pour que « les mineurs délinquants récidivistes, au-delà de la sanction judiciaire qu’ils méritent, puissent aller dans des services militaires obligatoires ». A l’extrême droite, le vice-président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a estimé que « la solution ne réside pas dans plus de politique de la ville et plus de milliards d’euros, mais dans la sortie de l’angélisme et dans le rétablissement de l’ordre républicain, en regardant les causes en face : l’immigration massive, le communautarisme, le rejet de la France et de ses valeurs, la "culture racaille", et les trafics en tous genres qui alimentent ces quartiers ».

A gauche, le député LFI de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, a estimé que les causes sont « multiples » tout en soulignant que « ça se produit dans des endroits où le taux de chômage, la précarité sont importants ». « On a besoin d’organiser le retour de l’Etat dans nos quartiers populaires (…) On a besoin de policiers formés, en nombre, soutenus par leur hiérarchie », pour « démanteler les trafics qui pourrissent la vie des habitants des quartiers populaires », a affirmé Ian Brossat, porte-parole du PCF.