Plus de 11 % des cadres pratiquent le télétravail au moins un jour par semaine, avec des horaires « atypiques »

SUR LE CANAPE Les télétravailleurs ont tendance à travailler les soirs en semaine ou le samedi, selon la Dares

20 Minutes avec AFP

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Les télétravailleurs ont tendance à travailler plus que la moyenne.
Les télétravailleurs ont tendance à travailler plus que la moyenne. — Pixabay

Télétravailler favorise les « horaires atypiques ». Selon une étude de la Dares, publiée ce lundi, 11 % des cadres travaillaient depuis chez eux au moins une fois par semaine en 2017. C’est plus que l’ensemble des salariés, qui étaient 3 % à avoir adopté cette pratique.

La pratique « intensive » de ce mode de travail « au moins deux jours par semaine », concernait 5,2 % des cadres, d’après cette étude réalisée auprès d’établissements de plus de 10 salariés du secteur privé non agricole, publiée lundi par la direction des statistiques du ministère du Travail.

Plus de 50 heures par semaine

Si les télétravailleurs bénéficient de davantage de souplesse dans leur travail et d’une baisse de leur temps de trajet, ils ont « tendance à pratiquer des horaires de travail plus longs et atypiques » lorsqu’ils sont en télétravail, souligne la Dares. Et ils ne sont « ni plus ni moins satisfaits de leur travail que les autres cadres », ajoute-t-elle.

Les cadres adeptes du télétravail « un jour par semaine » ou « intensif » travaillaient en moyenne 43 heures par semaine en 2017, contre 42,4 heures pour les cadres non-télétravailleurs, selon l’étude. Les télétravailleurs « intensifs » déclarent même « deux fois plus souvent travailler plus de 50 heures par semaine ».

Travailler le samedi ou après 20 h

Les horaires de ces télétravailleurs « intensifs » sont « moins prévisibles » et « plus atypiques », avec des tâches effectuées « après 20 h ou le samedi », note la Dares. Ils « risquent donc » d’être « désynchronisés par rapport à leurs collègues ou collaborateurs », un risque qui « semble néanmoins atténué lorsque le télétravail a été mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou individuel plutôt qu’en l’absence d’accord ».

En termes d’organisation, les cadres télétravailleurs « intensifs » disent « plus souvent » que les non-télétravailleurs « pouvoir s’interrompre momentanément quand ils le souhaitent ». Mais ils ne connaissent pas « une plus grande autonomie opérationnelle, par exemple pour organiser et exécuter le travail, les délais ou résoudre des incidents », d’après l’étude.

Des travailleurs en situation de handicap

Au sein de leur « collectif de travail », les cadres télétravailleurs « intensifs » se disent « moins souvent aidés » que les autres « par leur hiérarchie et leurs collègues ». Mais «la convivialité» avec les collègues « ne semble pas affectée ». Les cadres télétravailleurs « réguliers » (au moins un jour par semaine) ou « intensifs » sont « en moins bonne santé » que les autres cadres, selon l’étude. Ainsi, 10 % de ces télétravailleurs sont « en situation de handicap, contre 5 % chez les non-télétravailleurs », précise la Dares.

Dans le secteur privé non agricole, « 15,5 % des établissements de plus de 10 salariés ont mis en place le télétravail », indique la Dares. Un quart des télétravailleurs de ces établissements sont couverts par un accord collectif d’entreprise, « plus d’un sur cinq par un accord individuel entre le salarié et sa hiérarchie », tandis que « plus de la moitié pratique le télétravail en dehors de toute formalisation ».