Chanteloup-les-Vignes : « C’est un symbole qui a été attaqué », déplore la maire après l’incendie du chapiteau de cirque

INTERVIEW La maire LR de cette commune des Yvelines, Catherine Arenou, revient pour « 20 Minutes » sur les violences qui se sont déroulées samedi soir

Marie De Fournas

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L'arche, le chapiteau de cirque de la ville de Chanteloup-les-Vignes en feu samedi 2 novembre 2019 lors d'une nuit de violences dans la ville des Yvelines.
L'arche, le chapiteau de cirque de la ville de Chanteloup-les-Vignes en feu samedi 2 novembre 2019 lors d'une nuit de violences dans la ville des Yvelines. — Mairie de Chanteloup-les-Vignes
  • Samedi soir, des policiers ont été pris pour cible par une trentaine de personnes et un chapiteau de cirque a été incendié.
  • La ville de banlieue est « la proie d’agressions diverses et variées depuis plusieurs jours » sur fond de trafic de drogue, explique la maire à 20 Minutes.
  • Ce sont en fait des efforts de la mairie pour rénover la ville qui seraient symboliquement visés par ces actes.

« Pas un hasard ». Entre 19 et 23 heures samedi soir, des violences urbaines ont éclaté dans la commune de Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines. Jets de projectiles et des tirs de mortiers à l’encontre des forces de l’ordre, jets de cocktail Molotov et incendie d’un chapiteau de cirque… Pendant quelques heures le chaos s’est répandu sur la ville, notamment autour de la cité Noé. Les longs efforts réalisés par la ville depuis des années pour apaiser ce quartier, semblent réduits en cendre par une poignée d’individus. Catherine Arenou, la maire (LR) de cette commune des Yvelines, revient pour 20 Minutes sur les violences.

Avant cette soirée de violence, des incidents s’étaient déjà produits. Quand cela a-t-il commencé ?

Depuis mi-septembre il y a des attaques en règle des éclairages publics et lorsque les agents viennent les réparer, ils se font agresser, attaquer. On ne les laisse pas faire leur travail. Là, la cité Noé est dans la nuit noire. La soirée d’Halloween jeudi a également été très violente. La police a été prise dans des guets-apens et a reçu des tirs de mortier. Enfin, il y a les menaces à mon encontre, mais ça, cela fait partie du paysage des agressions : des tags ou des insultes lancées sur mon passage.

La police a évoqué la possibilité que ces violences soient liées aux travaux de réhabilitation lancés par la ville et qui « dérangent l’économie souterraine », à savoir le trafic de drogue.

Sans doute. C’est sûr que c’est plus pratique de vendre et d’acheter quand il fait nuit noire. Mais c’est difficile de savoir ce qui a pu mettre le feu aux poudres. Ce plan de rénovation de la ville est lancé depuis maintenant 15 ans. Là il ne reste que 20 % du travail à accomplir. Mais en 20 ans les formes de violences ont changé. Les auteurs sont de plus en plus jeunes, ne sont même pas déscolarisés et ont des flambées de violences encouragées par l’effet de groupe.

En 2015 vous affirmiez que les choses s’étaient améliorées et que « Chanteloup-les-Vignes ne faisait plus peur ». Comment en est-on arrivé là ?

Je l’ai dit. Eh bien ce n’est plus vrai aujourd’hui. Pourtant, même les observateurs extérieurs le disaient. Les choses changent. C’est incompréhensible qu’on ne puisse pas se réjouir des réussites accomplies par la ville. C’est difficile de comprendre comment certains peuvent se réjouir de l’échec.

Que représente l’incendie du chapiteau de cirque ?

Ce n’est pas un hasard, j’avais déjà entendu dans la rue, des individus menaçant de le brûler. C’est un symbole qui a été attaqué. C’est un équipement beau, neuf, grand, coloré. Tous les jours et pendant les vacances scolaires, des ateliers de cirque et de théâtre étaient donnés aux jeunes de la cité Noé par une équipe formée à cela depuis plus de 20 ans. La femme qui gère cette compagnie a une grande liberté de pensée et de parole et apportait beaucoup aux enfants et aux jeunes. On ne peut pas affirmer avec certitude ce qui a motivé cet incendie, mais on a le sentiment que des choses dérangent.

Quel est votre sentiment après cette nuit de violence ?

C’est une très grosse perte pour la ville. Je suis écœurée, épuisée. Mais on ne peut pas admettre que la violence gagne. Nous allons donc relever des défis et cela passera par la reconstruction de ce lieu et le plus rapidement possible.