Abus sexuels dans l’Eglise : Les évêques de France pourraient voter une allocation pour les victimes

REPARATION Réunie à partir de mardi, la Conférence des évêques de France pourrait voter cette mesure inédite

20 Minutes avec AFP

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La Conférence des évêques de France à Lourdes, en 2014.
La Conférence des évêques de France à Lourdes, en 2014. — ERIC CABANIS / AFP

Les quelque 120 évêques catholiques de France se réunissent en assemblée plénière à partir de mardi à Lourdes pour parler d’écologie, mais surtout d’une possible allocation « financière » pour les victimes de pédocriminalité dans l’Eglise. Inédit en France, un tel mécanisme permettrait de « poser des gestes concrets à destination des victimes », affirme Thierry Magnin, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), dans une vidéo présentant cette rencontre.

Lors de l’édition de l’automne 2018 dans la cité mariale, les évêques avaient voté la création d’une commission chargée de faire la lumière sur les crimes commis par des clercs ou des religieux depuis la fin des années 1950. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) a, depuis, été mise sur pied et a démarré ses travaux en juin. Son président, Jean-Marc Sauvé, ex-vice-président du Conseil d’Etat, viendra en rendre compte jeudi devant les évêques. Lors de ses trois premiers mois d’activité, cette instance a reçu 2.000 appels téléphoniques, mails et courriers et commencé à entendre 16 victimes ou témoins d’abus.

Peut-être dès 2020

Lors d’un vote samedi, l’épiscopat aura, cette fois, à se prononcer sur une possible « allocation de reconnaissance financière » de la souffrance vécue par les victimes. Les mesures de réparation financière sont réclamées avec force par les associations de victimes, en particulier quand les faits sont prescrits. Ce « geste fort de solidarité ne sera pas une indemnité », mais plutôt « un forfait, dont le montant fait partie des discussions » et qui pourrait être mis en oeuvre en « 2020 », a affirmé Thierry Magnin.

« Il s’adressera à toutes les personnes reconnues comme victimes car déjà passées par des procédures de justice civile, et aux victimes dont les faits sont prescrits et qui se sont manifestées auprès des cellules d’écoute dans les diocèses », selon lui. Lors du vote, les évêques devront se prononcer sur la création d’un « fonds spécifique de dotation », alimenté par un appel aux dons – dont la forme est à définir- qui permettra de financer cette allocation.

Différentes procédures d’indemnisation mises en place par l’Eglise – ou à son initiative – existent aux Etats-Unis, en Belgique ou en Suisse, mais pas en France. Sur ce sujet, la Corref, qui représente les religieuses et religieux des instituts et congrégations et qui participe aux côtés de la CEF au financement de la Commission Sauvé, avait préconisé, en juin, de ne pas devancer la fin des travaux de cette commission, prévue fin 2020.

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