Lyon : Il crée et propose des parcs à vélos mobiles et surveillés dans toute la France

MOBILITE Mathieu Labey a lancé en 2017 Wheelskeep, des parcs à vélos surveillés et mobiles proposés lors de grands événeents sportifs ou festivals, au bord des plages et plus récemment en presqu'île lyonnaise 

Elisa Frisullo

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Un parc à vélos surveillé installé vers le Grand Hôtel Dieu à Lyon, lors de la piétonisation de la presqu'île.
Un parc à vélos surveillé installé vers le Grand Hôtel Dieu à Lyon, lors de la piétonisation de la presqu'île. — M. Labey
  • Un entrepreneur lyonnais a imaginé un parc à vélo gardienné, Wheelskeep.
  • Depuis deux ans, la société propose ce service lors de grands événements culturels et sportifs partout en France.
  • Elle souhaite désormais développer les parcs permanents de jour, à proximité des grandes entreprises, des gares ou centres commerciaux.

En septembre et en octobre, lors des tests de piétonisation de la presqu’île, Mathieu Labey a déployé ses arceaux mobiles dans le centre-ville de Lyon. L’entrepreneur a été sollicité par Lyon Parc Auto pour permettre aux cyclistes de stationner gratuitement leurs vélos dans l’un de ses parcs surveillés, Wheelskeep. Une aubaine pour ce Lyonnais de 39 ans qui a imaginé, puis lancé ce concept entre Rhône et Saône il y a deux ans.

« Dans le monde entier, le problème majeur avec les vélos, c’est le vol. Le vol de bicyclettes et des accessoires (selles, roues…) Si on va quelque part en vélo on ne sait jamais si on pourra repartir avec ou s’il aura disparu. Cela enlève toute la liberté qu’offre un vélo », souligne Mathieu Labey, cycliste depuis toujours dans de multiples villes de France et à l’étranger.

Des gardiens dans chaque parc

Après un énième vol de vélo auquel il tenait beaucoup, cet ingénieur informatique a eu l’idée de développer des parcs surveillés par des gardiens. A l’heure du tout automatique et du free floating, le chef d’entreprise a préféré miser sur l’humain. Ces « keepers », des étudiants autoentrepreneurs la plupart du temps, sont chargés de garder les vélos et les accessoires confiés par le public. « Lorsque l’on met un humain, le comportement des gens est différent. Sur les 10.000 vélos que nous avons gardés jusqu’alors dans nos parcs, il n’y a pas eu le moindre accessoire volé », assure Mathieu Labey, soucieux de générer des emplois (payés entre 12 et 18 euros nets de l’heure) à travers son concept.

Testé à plusieurs reprises à Lyon, aux abords de la piscine du Rhône à l’été 2018 et au pied de la tour Oxygène il y a quelques mois pour les salariés de la SNCF, le parc Wheelskeep, fabriqué en France et exploité par le Lyonnais, s’est développé dans d’autres villes de France, lors de grands événements sportifs et culturels. Des parcs à vélos ont ainsi été installés lors de la finale du Top 14 à Bordeaux par la Ligue nationale de rugby, lors du festival High Five à Annecy, à Nantes pour le festival de l’Erdre, au stade de Grenoble, aux Francofolies de la Rochelle ou encore au salon Vivatech à Paris.

Un vélo accroché à un parc surveillé développé par l'entreprise lyonnaise Wheelskeep.
Un vélo accroché à un parc surveillé développé par l'entreprise lyonnaise Wheelskeep. - M. Labey

Développer des parcs de jour permanents

L’été dernier, des arceaux ont également été déployés sur la plage d’Anglet en Nouvelle-Aquitaine. « L’ouest de la France est très vélo », ajoute l’entrepreneur, dont l’objectif désormais est de développer des parcs de jour permanents à proximité des grandes entreprises, des gares et centres commerciaux, partout en France.

La plupart du temps, le coût du stationnement est supporté par les institutions, les collectivités ou les sociétés qui font appel à lui. « Il est important de rendre les choses gratuites ou le moins cher possible pour les usagers du vélo », assure le trentenaire. Les quelques fois où les cyclistes ont dû payer, le tarif, progressif, ne dépassait pas les 4 euros pour une journée de gardiennage. Un service auquel s’ajoute la possibilité de faire entretenir son vélo avant de quitter le parc. « C’est un peu la station-service des vélos en plus du parking », ajoute Mathieu Labey.

Dans les prochains mois, l’entrepreneur, seul au guidon de la société, doit organiser une levée de fonds, avec un objectif minimum de 500.000 euros, pour poursuivre le développement de Wheelskeep. D’ici là, l’entreprise, encore peu connue, devrait encore gagner en visibilité lors des prochaines journées de piétonisation de la presqu’île lyonnaise, prévues dès ce mois de novembre.