Incendie de l’usine Lubrizol de Rouen : L’enquête confiée à trois juges d’instruction

INVESTIGATIONS L’usine de produits chimiques Lubrizol à Rouen a été touchée par un important incendie, le 26 septembre dernier

20 Minutes avec AFP

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Fin septembre, un incendie s'est déclaré au sein de l'usine Seveso seuil haut de Rouen.
Fin septembre, un incendie s'est déclaré au sein de l'usine Seveso seuil haut de Rouen. — LOU BENOIST / AFP

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi avoir confié l’enquête sur l’incendie de l’usine chimique Lubrizol de Rouen, survenu le 26 septembre, à des juges d’instruction parisiens.

Trois magistrats du pôle santé publique du tribunal de Paris seront chargés de conduire les investigations, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « destruction involontaire » due à la « violation manifestement délibéré d’une obligation de sécurité » et « mise en danger de la vie d’autrui ».

545 plaintes déposées

Six autres qualifications ont été retenues pour cette enquête, dont la « destruction involontaire par incendie dû à la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité » et l'« exploitation d’une installation classée sans respect des règles générales ». « A ce jour, 545 plaintes ont été déposées », indique par ailleurs le parquet, qui précise avoir organisé mardi une réunion pour faire un point sur les premiers éléments réunis par les enquêteurs.

Les investigations, menées initialement sous la direction du parquet de Rouen, avaient été confiées début octobre au parquet de Paris en raison de l’importance du sinistre et de la « technicité » des investigations. Elles visent à déterminer l’origine de l’incendie, les conditions dans lesquelles il s’est propagé mais aussi les responsabilités des différents acteurs dans cet incident.

L’origine du feu encore inconnue

Selon le parquet de Paris, près d’une centaine de témoins ont été auditionnés, une soixantaine de vidéos analysées, et de nombreux documents saisis lors de perquisitions réalisées le 10 octobre. Mais « les nombreux actes d’ores et déjà réalisés n’ont pas permis de déterminer, à ce stade, les causes de cet incendie ni de localiser avec précision son origine », rappelle le parquet. Les sociétés Lubrizol et Normandie Logistique se rejettent la responsabilité de l’origine de l’incendie.

Au Sénat, une commission d’enquête parlementaire dispose de six mois pour se pencher sur l’application des règles auxquelles sont soumises les installations classées Seveso « afin de tirer les enseignements sur la prévention des risques technologiques ». L’Assemblée nationale a, elle, mis en place une mission d’information.