Attaque à la mosquée de Bayonne : Le suspect est un ancien candidat du Front National

FUSILLADE Le profil du suspect interpellé suite à l'attaque de la mosquée de Bayonne, qui a fait deux blessés, commence à se dessiner

Mickaël Bosredon et Clément Carpentier

— 

Un périmètre de sécurité a été établi autour de la mosquée
Un périmètre de sécurité a été établi autour de la mosquée — GAIZKA IROZ / AFP
  • Claude Sinké avait été candidat du Front national dans les Landes en 2015.
  • Interpellé à son domicile, il aurait reconnu les faits.
  • La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, estime que cet « attentat » est « un acte inqualifiable ».
  • Emmanuel Macron a « condamné avec fermeté cette attaque odieuse. »

Le suspect interpellé suite à l'attaque de la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), est Claude Sinké, selon une source policière citée par l’AFP. Cet homme de 84 ans avait été candidat du Front National (devenu RN) en 2015 aux élections départementales du canton de Seignanx (Landes), selon les listes officielles. Il avait obtenu 17 % des voix.

Il est aussi connu du monde associatif bayonnais puisqu’il est, entre autres, président de l’association des Amis des arts bayonnais. Interpellé à son domicile de Saint-Martin-de-Seignanx dans les Landes, il aurait reconnu les faits. L’octogénaire a tenté d’incendier la porte de la mosquée, avant de tirer sur deux hommes qu’il a grièvement blessés.

« C’est la communauté nationale toute entière qui est attaquée »

Alors que les réactions se multiplient après cette attaque, survenue ce lundi après-midi, on apprend que Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, se rendra dans la soirée à Bayonne pour « témoigner son soutien à la communauté musulmane. »

Emmanuel Macron a condamné « avec fermeté l’attaque odieuse perpétrée devant la mosquée de Bayonne. » « J'adresse mes pensées aux victimes, a-t-il ajouté. La République ne tolérera jamais la haine. Tout sera mis en œuvre pour punir les auteurs et protéger nos compatriotes de confession musulmane. Je m’y engage. »

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, a, elle, estimé sur Twitter que « l’attentat commis contre la mosquée de Bayonne est un acte inqualifiable absolument contraire à toutes les valeurs portées par [son] mouvement. »

Jean-Luc Mélenchon estime que « le harcèlement contre les musulmans a produit son effet » et ajoute : « Les paroles publiques doivent cesser d’encourager la haine ! »

Pour le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, « frapper une mosquée, viser nos compatriotes musulmans : c’est la communauté nationale toute entière qui est attaquée. Ne laissons pas les extrémistes de tous bords nous diviser : faisons bloc. »

Un climat « de stigmatisation de l'islam et des musulmans »

La communauté musulmane a elle aussi réagi ce lundi soir. Le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, également délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM) a indiqué auprès de l'AFP : « Avec le climat actuel de stigmatisation de l'islam et des musulmans, il ne faut pas s'étonner que de tels actes puissent arriver ».

Dans un communiqué, l'Union des mosquées de France (UMF), dénonce un « climat anxiogène, nourri par les amalgames et les discours antimusulmans », et appelle les musulmans de France « à l’extrême vigilance sans jamais perdre confiance dans les valeurs de paix et de respect qui animent l’immense majorité de nos concitoyens. »

« Ceux qui contribuent à la banalisation de la haine et du racisme prennent la lourde responsabilité d’exposer leurs concitoyens de confession musulmane à ce type d’attaque criminelle qui menace notre cohésion nationale et notre vivre ensemble » conclut l'UMF.